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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Le sens de la vie a-t-il sa boussole ? …

Le sens de la vie a-t-il sa boussole ? …
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 et les GPS actuels sont-ils bien adaptés ?

 

 L’actualité médiatique est saturée par les informations relatives aux atrocités qui déchirent la société humaine. Elle se concentre sur ce qui est le plus spectaculaire, les violences en cours ou en préparatifs. Elle néglige complètement leurs causes profondes, celles qui se situent au niveau des neurones qui commandent les comportements.

Les motivations qui entraînent ces tragédies, le déclencheur initial, est complètement occulté par le bruit et la fureur. Allons-y voir car il ne semble pas que les commentateurs s’en préoccupent beaucoup.

 

Nous constatons que les dérives des esprits déboussolés conduisent à des errances tragiques.

Esprits déboussolés ! Mais existe-t-il encore des boussoles pour les esprits à l’époque du GPS ? Il est tellement facile de capter un réseau qui fonctionne partout et de se fier à son écran ! Réfléchir devant une carte et une boussole est contraignant. La boussole est un dispositif archaïque et capricieux et le Nord se perd facilement, et puis, à quoi sert-il ?

Des GPS mentaux, on en trouve dans toutes les zones commerciales dédiées aux idées, et sur les nombreux sites d’endoctrinement par correspondance.

« Soyons modernes, que diable ! Il y aurait des GPS qui ne sont pas à jour et ils peuvent être trafiqués ? Première nouvelle ! Moi, le mien est bon puisqu’il m’a été recommandé par un copain … »

Pour fournir un exemple de GPS mental bien trafiqué, un article parmi d’autres, paru sur le dernier numéro du magazine Le Point est instructif :

http://www.lepoint.fr/monde/daech-ce-qu-ils-pensent-de-nous-27-11-2015-1985190_24.php

Il existe aussi d’autres GPS concurrents, très efficaces eux aussi, mais provenant d’autres fabricants et faisant miroiter un paradis sur terre.

 

Ce que les esprits déboussolés recherchent, ce n’est pas le Nord, c’est à s’orienter dans la vie, à l’inscrire sur un cheminement jalonné de repères bien apparents.

Pour aller n’importe où, mais pour y aller en suivant des repères, la vie moderne est truffée de dispositifs comparables à des GPS, à des panneaux indicateurs plus ou moins fiables, ou à des panneaux publicitaires.

 

 

Passons maintenant à un dialogue imaginaire.

 

  • Donner un sens à sa vie, c’est facile, c’est savoir ce que l’on veut, c’est vouloir « être bien » !
  • OK, j’ai compris. Mais cela veut dire aussi que l’on peut « être mal » n’est-ce pas ? Alors, question suivante. C’est quoi être « bien » ?
  • (Ce qu’il peut être casse-pied ce questionneur !) Etre bien, c’est bien profiter de la vie sans trop emmerder les autres parce que si on les emmerde, ils viennent vous gâcher la vie.
  • OK, mais ne soyez pas grossier, les gens grossiers donnent envie aux autres de leur péter la gueule. Bon. Comment peut-on bien profiter de la vie ?
  • C’est simple, il faut avoir du fric.
  • Comment avoir du fric quand on n’en n’a pas ?
  • Soit en bossant, soit en le piquant dans la poche des autres.
  • C’est « bien » de bosser ?
  • Non, ça fatigue, ça prend du temps et ça empêche de profiter de la vie.
  • Alors c’est « mal ». Et alors piquer dans la poche des autres ?
  • C’est selon. Il ne faut pas que ça se voie que c’est vous. Sinon tout le monde vous tombe dessus et ça fait mal. En fait, il n’y a que quelques petits malins qui savent y faire. Moi, je n’y suis jamais arrivé. D’ailleurs, je n’ai jamais essayé, je n’ai pas envie de me retrouver en cabane.
  • Donc pour vous c’est « mal » ?
  • Ben oui !
  • Donc pour être « bien », il faut être « mal » …
  • Votre histoire du sens de la vie commence à vraiment à me pomper l’air. Bye-bye. Je vais regarder mon smart-phone pour chercher une boîte pour m’éclater.

 

Moralité de ce dialogue, le sens de la vie pour les protagonistes est étroitement lié au sens du « bien » et du « mal ». Des dialogues du même genre, il est facile d’en imaginer des quantités mais ils conduisent tous à la même constatation.

Il n’est pas étonnant que toutes les réflexions qui prennent du recul sur les tragédies actuelles aboutissent à l’évocation de « valeurs morales », « principes fondamentaux » et autres concepts. Ou alors, elles ne font que proposer d’autres drames en perspective.

 

Dans le billet précédent, j’ai abordé la question de l’existence des principes moraux. Ils se situent au niveau conceptuel et pratiquement tout le monde y fait finalement référence (y compris Chomsky que je commentais). Directement ou indirectement, ils sont des panneaux indicateurs pour distinguer ce qui est  « bien » de ce qui est « mal » dans les comportements. De là à prétendre qu’ils sont universels, clairs et facile à interpréter, il y a un fossé. Et puis il n’existe aucune certification, aucun label de garantie universellement admis pour les valider.

Dans le billet, je soulevais aussi la question de leur genèse. Elle aurait peut-être pu leur fournir une légitimité, ou tout au moins une explication pour ceux qui cherchent à réfléchir. Question sans réponse. Nous avons le choix entre génération spontanée collective irréfléchie, endoctrinement, révélation d’une Vérité d’ordre supérieure à celui de la biosphère, et même combinaison de deux, ou des trois explications. Les débats sur ce sujet ont rapidement tendance à dégénérer.

 

Une autre difficulté provient de leur tendance à se multiplier au fil des perplexités rencontrées dans une vie humaine. De nouveaux principes apparaissent avec des domaines d’application de plus en plus ciblés, mais aussi avec des incohérences paralysantes au niveau opérationnel, si l’on est rigoriste. Est-il bien ou mal d’être patriote ? et mondialiste ? Ces deux positionnements sont maintenant présentés comme des repères comportementaux majeurs dans certaines situations. Ils se retrouvent très souvent en opposition si la question se pose de manière pratique, par exemple pour une grande décision d’ordre économique au niveau mondial. Avec le COP21, nous allons sans doute le constater. Il existe des rigoristes absolus pour l’un ou pour l’autre mais la grande majorité des avis navigue péniblement entre les deux. La procrastination n’est pas une solution durable.

Des principes aussi révérés que la Liberté et l’Egalité se révèlent déjà en opposition dogmatique dans bien des cas concrets (confère aussi le billet précédent). La Fraternité qui pourrait peut-être alors servir d’arbitre est généralement aux abonnés absents.

 

A défaut de les appréhender par leur origine, un autre moyen de les aborder pourrait être de les considérer en fonction de leur utilisation et de leurs effets, en théorie et dans la réalité. En existerait-il d’autres ?

 

Pour tenter d’y voir plus clair il faut déjà mettre un peu d’ordre dans tous ces repères évoqués pour séparer le bien du mal. Ces concepts se mélangent. Préciser le vocabulaire courant qui s’y applique est indispensable pour en débattre.

Pour ce faire, je propose de faire la distinction suivante.

Appelons « valeurs » ce qui se manifeste au niveau du ressenti, du for intérieur, et qui sert de repère individuel pour classer les comportements des autres, mais qui sert aussi à se situer soi-même par rapport aux autres. En quelque sorte, c’est le domaine de l’incommunicable, de ce que l’on peut seulement évoquer.

Appelons « principes » les concepts qui servent à communiquer entre individus, qui sont utilisables comme éléments de langage. Un même « principe » correspond-t-il à des valeurs relatives à un même ressenti et à une même priorité chez plusieurs personnes en exercice de communication, rien n’en donne l’assurance. Mais ils permettent de débattre.

La déclinaison des principes en des « droits et devoirs universels » fournit des propositions comportementales, quant ils ont été suffisamment débattus pour pouvoir être institutionnalisés par consensus.

 

L’individu qui réfléchit se forge une opinion à partir de son ressenti de « valeurs », de son degré de conviction par rapport aux débats sur les « principes », de sa soumission aux « droits et devoirs », et de la contrainte exercée sur lui par la réglementation qu’il est tenu de respecter. Il lui reste à se débrouiller pour choisir entre le « très bien », le « bien », le « moins bien », le « moins mal », le « mal », et le « très mal ». Pour pratiquement tous ceux qui essayent consciemment de piloter leurs décisions, il y a le risque d’être déboussolé. Alors que dire des autres !

Devant la complexité grandissante du système socio-économique, devant donc la difficulté de choisir des repères, l’échappatoire courante est de ne pas réfléchir au « bien ou mal », de s’en remettre à l’habitude, au mimétisme de proximité ou au GPS de l’endoctrinement pour conduire sa vie. Les valeurs, les principes, les droits et les devoirs, s’absentent du raisonnement. La vie peut devenir alors une errance irréfléchie en recherche de jouissance. Le « bien » et le « mal » ne sont que des constats a posteriori fondés sur « l’agréable ou désagréable ».

 

 Mais alors, si « le bien et le mal » peuvent ne servir à rien, comment se fait-il que le concept soit si omniprésent ?

Sans doute parce que son usage est indispensable pour trouver un sens à la vie. Ce n’est pas le fait d’être athée, agnostique, croyant de telle ou telle religion, qui permet d’échapper à ce tropisme du jugement « bien ou mal », de la recherche consciente de sens, de l’idée de piloter soi-même son existence entre les écueils qui en parsèment le cours.

 

Donner du sens à sa vie, c’est peut-être ce qui fait l’originalité de l’espèce humaine. Les animaux se contentent sans doute de repérer dans leur expérience « l’agréable ou désagréable », « le dangereux ou inoffensif », « l’attirant ou repoussant », « l’indispensable ou superflu », …, de mémoriser leurs constats et de faire jouer leurs réflexes innés ou acquis. Ils vivent leur vie sans se plonger dans la réflexion métaphysique provoquée par des raisonnements qui conduisent à une vision bipolaire du « bien ou mal » pour guider leurs comportements.

C’est sans doute ce qui fait la supériorité créatrice de l’espèce humaine en rassemblant des foules afin d’obtenir une formidable efficacité collective. Mais c’est probablement aussi son point faible : la vulnérabilité psychologique.

 

Si la réflexion métaphysique est tellement sujette aux risques de l’endoctrinement, au bénéfice d’intérêts individuels très particuliers, est-ce à dire que l’idéal de vie est la vie animale, instinctive, obéissant aux pulsions relatives à la consommation, à la sexualité, à la distraction, à la préservation clanique, dans un contexte général de concurrence intra-espèce et inter-espèces ?

Mais pour une espèce animale, figée dans un tel « matérialisme bestial », c’est quoi « le progrès » sinon la soumission sourde et aveugle aux hasards de la sélection darwinienne ? Est-ce souhaitable pour notre espèce ?

Je vous laisse réfléchir et je vais faire pareil de mon côté.

 

… à plus …

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I
Un autre blog qui trate du sujet à sa façon: The-Blog-Le-Repere.overblog.com!!
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A
Une partie de nos comportements est sans doute codée génétiquement. Mais la plus grande part de nos comportements est codée de façon verbale ou écrite. A part quelques "valeurs" simples, codées dans nos gènes, la plupart des "valeurs" compliquées sont codées dans des traditions orales ou écrites, des textes sacrés ou profanes, des codes juridiques ou religieux, des histoires, des récits, des tablettes, des blogs... Et cela depuis que le support existe, quantité et capacité neuronale, parole, écrit, livre, Internet...<br /> <br /> Celui qui prétend ne justifier ses valeurs qu'en âme et conscience, n'est que celui qui ne connait pas ses sources, ou perd la mémoire de ses codes de référence, ou n'est pas conscient de tout ce que notre espèce a accumulé et transmis en dehors de ses gènes. Les "valeurs" de Daech sont dans le Coran, et nos Droits et Libertés Fondamentales sont dans nos Constitutions et dans nos Conventions Internationales. Et, bien sûr, chacun a ses sources de valeurs favorites et invoquera la loi divine ou la tradition quand la loi des hommes ne lui convient pas.
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A
La soumission sourde et aveugle aux hasards de la sélection darwinienne, est-ce souhaitable pour notre espèce ? Nous n'en sortirons pas! Est-ce une noble, belle et juste cause que de défendre une espèce vivante, plutôt qu'une autre, simplement parce qu'elle serait pensante, ou qu'elle aurait de "bonnes" valeurs?<br /> <br /> "Donner du sens à sa vie, c’est peut-être ce qui fait l’originalité de l’espèce humaine". Sommes-nous sûrs que cela nous distingue du marsouin? Ne serait-ce pas "chercher à donner du sens à la vie des autres" qui ferait l'originalité de l'espèce humaine?
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A
Défendre les valeurs, telles que vous les définissez<br /> "ce qui se manifeste au niveau du ressenti, du for intérieur, et qui sert de repère individuel pour classer les comportements des autres, mais qui sert aussi à se situer soi-même par rapport aux autres. En quelque sorte, c’est le domaine de l’incommunicable, de ce que l’on peut seulement évoquer" <br /> distinctes des principes qu'ils deviennent dès que nous communiquons à leur sujet, me parait, en principe, une belle, juste et noble cause.<br /> <br /> Faut-il alors les distinguer de la notion de "causes profondes, celles qui se situent au niveau des neurones qui commandent les comportements."?<br /> <br /> Ces "causes profondes" sont-elles ces valeurs incommunicables telles qu'elles sont ressenties par chacun d'entre nous, "en notre âme et conscience", au moyen de nos neurones?<br /> <br /> Il faut sans doute des neurones pour ressentir ces valeurs. Sont-elles pour autant un produit de nos neurones, ou sont-elles la perception d'un message divin, ou d'une réalité sociale ou autre, qui existerait indépendamment de la perception que nous en aurions via nos neurones?<br /> <br /> Dans ce dernier cas, tous les principes se valent si notre perception des valeurs est une "bonne" source de principes, à moins que certains agencements de neurones perçoivent "mieux" les valeurs que d'autres dont la perception des valeurs, serait alors "mauvaise", et donc sans doute également mauvais les principes qu'ils exprimeront.<br /> <br /> La génétique nous permettra certainement de définir le bon agencement ou fonctionnement de neurones, source de bonne perception des valeurs ou de bonne génération de valeurs, qui s'exprimeront alors sous forme de bons ou de mauvais principes!<br /> <br /> Mais les progrès de la génétique convaincront-ils ceux qui sont convaincus que les vraies valeurs viennent de Dieu, ou d'un grand corps social, ou d'un Grand Tout, ou de Moi Tout Seul?
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