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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Opinion, endoctrinement, consternation, réflexion,

Opinion, endoctrinement, consternation, réflexion,
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… et rhétorique.

 

 Olivier Berruyer a publié sur son blog un article sur les thèses de Noam Chomsky. J’aurais volontiers posté un commentaire pour l’en féliciter, mais la boîte à commentaires était fermée.

 

https://www.les-crises.fr/auto-defense-intellectuelle-contre-la-fabrication-du-consentement-noam-chomsky/#respond

 

Pourquoi ces félicitations ? Tout simplement parce que ce linguiste, mais aussi auteur engagé, soulève la question des manipulations de l’opinion, en particulier lors des conflits. Ses thèses sont expurgées dans les analyses qui farcissent actuellement la sphère médiatique en raison des attentats terroristes et c’est dommage. Elles le sont parce qu’elles dérangent les pouvoirs en place.

Ce n’est pas pour autant que je souscrive béatement à ce qu’il a écrit, mais cela change beaucoup de l’archaïsme de pensée des commentateurs habituels. Comme je l’ai écrit dans le précédent billet, ce n’est pas avec seulement des matraques mais en développant en parallèle des argumentations logiques solides qu’il est possible d’extirper le terrorisme.

Il faut donc se pencher sur la question des opinions, de leur génération et de leurs évolutions, … et donc regarder sérieusement la question des rhétoriques.

 

Chomsky en est venu à analyser les évolutions de l’opinion dans la foulée de ses analyses de la linguistique. Vu de manière très résumée, il a constaté que l’opinion omniprésente, la « pensée unique » était le support du « politiquement correct », autrement dit de ce qui convient aux pouvoirs en place. Pour en arriver là, ils peuvent passer par l’autocratie violente et l’endoctrinement forcé, mais aussi par la démocratie et l’endoctrinement sournois, en utilisant le système de communication médiatique qu’ils contrôlent de fait. Encadrés de cette façon, les populations en arrivent à accepter toutes sortes de fariboles. La vérité est occultée par la manipulation des esprits.

En contrepoint, Chomsky place les principes moraux. Ils doivent s’imposer à la réflexion.

 

Je n’ai rien contre les principes moraux, bien au contraire. Ce qui me gêne dans son analyse, c’est que rien ne cautionne ces fameux principes. Qui est-ce qui établit qu’ils sont universellement valables ?

Sont-ils inscrits dans les gènes de l’espèce humaine, une imprégnation congénitale ?

Sont-ils partis des élucubrations d’un individu suffisamment puissant pour imposer une vision unique de ce qui est bien et de ce qui est mal, et ensuite savamment entretenue par ses successeurs, auquel cas ils ne seraient que de l’endoctrinement dont il faut se méfier ?

Sont-ce une émergence, sans aucune logique préalable, des pensées chaotiques qui agitent tous les individus ?

Sont-ils une création collective des intelligences de toute l’espèce humaine interconnectées par des canaux de communication mentale inconnus, une télépathie diffuse ?

Sont-ils une révélation reçue, Dieu sait d’où ?

 

Mais aussi, sont-ils si universels que cela, dans le temps et dans l’espace ?

Quand on observe les comportements des donneurs de leçons, il semble qu’ils font dans leurs décisions la part belle à des considérations très personnelles et donc qui n’ont rien d’universel.

« Entre la Justice et ma mère, je choisirais ma mère » (Albert Camus, pour autant exemplaire en regard du respect de principes moraux).

 

De toutes les façons, ils sont très flous et difficiles, sinon impossibles, à mettre en pratique de manière assurée.

 

Pour ce qui est du flou, il suffit de constater les différentes variantes de langage qui évoquent la même chose, pour dire que ce sont des références pour savoir si un comportement est à classer du côté « bien », ou du côté « mal ». Certains parlent de « principes universels », d’autres de « valeurs communes ». D’autres raffinent en dressant des listes de « droits et devoirs fondamentaux ». Je ne sais pas si le linguiste Chomsky s’est penché sur le problème.

Plutôt que d’y voir clairement, ou pour ne pas y regarder, beaucoup ne font que du verbiage. Il y a peu, je suis tombé par hasard sur deux affirmations péremptoires et incohérentes. D’un côté un dictionnaire à vocation philosophique me donnait comme définition « Valeurs communes : Respect de principes moraux ». De l’autre un commentateur politique expliquait « Ceux qui n’ont pas de principes ne parlent que de valeurs ». Y comprenez-vous quelque chose ?

 

Pour ce qui est de la facilité d’utilisation concrète, je vais commenter les trois principes affichés sur les frontons de nos mairies. Ils sont présentés comme la quintessence de la pensée des « Lumières » du 18ème siècle, l’obsession de ceux qui ne regardent pas les conséquences futures du présent en marche mais seulement ses causes passées.

 

La Liberté - Grâce à Bartholdi elle éclaire le monde depuis les rivages de Wall Street.

1/ La liberté de l’un bute très vite sur la liberté des autres – 2/ La question se règle par le jeu des rapports de force donc par l’exercice du pouvoir factuel – 3/ La déclaration officielle des droits de l’homme dit que la frontière se place là ou l’excès de liberté nuit à autrui – 4/ Qui peut identifier et qualifier la nuisance ? La victime bien sûr – 5/ Qui est à même de limiter son exercice liberticide pour l’autre ? L’oppresseur bien sûr – 6/ L’oppresseur est-il qualifié pour décider de ce qui est bénéfique ou non pour la victime envisageable ? Doit-il de manière autoritaire en décider ? Non bien sûr, ce serait incompatible avec la liberté de l’autre.

Nous sommes donc ramenés au point 1/ initial. Les défenseurs dogmatiques de la Liberté sont soit des naïfs, soit des manipulateurs/profiteurs. Ils vont bien sûr dire qu’il faut négocier. C’est alors simplement passer du point 1/ au point 2/ suivant.

Maintenant, débrouillez-vous pour la suite.

 

L’Egalité – Dans la réalité, cela ne peut pas exister. Ce qui donne une identité à un individu, c’est le fait qu’il est unique par ses caractéristiques, à commencer par l’historique de sa vie. L’égalité des chances n’est qu’un concept et ne peut rester qu’un concept sans support opérationnel. Faire de l’égalité un principe absolu, l’égalitarisme, ne peut conduire qu’à viser un monde de clones indifférenciés et un nivellement par le bas de toutes les caractéristiques individuelles. Est-il indispensable d’essayer ? Il y a d’autres possibilités de traiter les inégalités dommageables, au cas par cas. Mais, pour ceux qui abusent de leur supériorité dans un domaine donné, c’est bien plus dérangeant qu’un mythe, … et ils endoctrinent. 

 

La Fraternité – C’est une combinaison équilibrée au sein d’une fratrie ou d’une confrérie entre l’affection mutuelle effective et l’affirmation identitaire de chacun, donc de ses différences (inégalitaires par nature), dans le contexte général de concurrence intra-espèce (ou intra-collectivité, comme on voudra) mis en évidence par le darwinisme.

Dans la réalité des familles et des confréries, pourtant de tailles limitées ce qui limite la difficulté pratique, il est évident que la fraternité n’est pas toujours au rendez-vous, surtout dès qu’une difficulté sérieuse survient. Rêver d’une fraternité universelle n’est que du domaine onirique. Sauf miracle cela ne peut pas déboucher au niveau opérationnel. Pour y songer, il faut croire aux miracles. Ce n’est pas interdit dans les endoctrinements en activité, que je sache.

 

Il est possible de dérouler ainsi toute la litanie des principes révérés mais cantonnés aux discours et aux commentaires : la Justice, la Démocratie, le Mérite, la Dignité humaine, etc.

Mais attention, entendons-nous bien, ne croyez surtout pas que je récuse le concept de « principes moraux ». Ce sont des notions fondamentales mais ce ne sont pas des formules magiques, des slogans qu’il suffit de tonitruer pour traiter tous les graves problèmes.

 

Pour bâtir une bonne logique rédactionnelle, mon professeur de lettres, au lycée, jadis, expliquait qu’il fallait trois volets de raisonnement, la thèse, l’antithèse et la synthèse. Je trouve simplement que Chomsky propose une thèse brillante, son analyse de l'endoctrinement, une antithèse bâclée, quasiment inexistante, le respect de principes moraux, et en conséquence une synthèse sans force de conviction,  concrétisée par les positions politiques qu'il a prises en son temps. Ses exposés ne font pas le poids pour aider à bâtir une « bonne rhétorique » en face de l’endoctrinement de l’E.I. qui extermine toute réflexion structurée. 

 

… à plus …

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A
« Valeurs communes : Respect de principes moraux » est une définition circulaire, où un terme est défini par un synonyme. Pour "un commentateur politique", dont la définition circulaire est "quelqu'un qui parle pour ne rien dire", dire « ceux qui n’ont pas de principes ne parlent que de valeurs » ou "ceux qui n’ont pas de valeurs ne parlent que de principes », c'est kif-kif bourricot!
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A
Thèse: liberté, égalité, fraternité.<br /> Antithèse: contrainte, inégalité, égoïsme.<br /> Synthèse: vivez que diable!
Répondre
A
Lire: sur le plan de la rhétorique (et non "théorique").
A
Par ailleurs, Chomsky considère sans doute qu'il y a une grammaire générative des principes moraux à la base des mots qui les définissent. Les principes moraux forment probablement un tout et c'est leur subdivision en catégories par nos "lumières" qui est pour le moins hypothétique. "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit", comme sa version positive, est un principe général qui permet peut-être moins de digressions hypothétiques et plus de voies de riposte sur le plan théorique.
A
Sorry!<br /> Il ne s'agissait donc que de la bonne logique rédactionnelle de Chomsky, et pas de "bonne rhétorique" en général, où tout finit par des chansons.
E
Je crois que je n'ai pas été assez clair. Le premier volet des analyses de Chomsky, l'endoctrinement, est traité brillamment. L'antithèse qu'il expose est le respect des principes moraux. Le troisième est fourni par ses prises de position politiques.<br /> En foi de quoi, l'utilité de ses études pour aider à bâtir une riposte sur le plan de la rhétorique est pour le moins hypothétique.
A
et, pourquoi pas,<br /> Seid umschlungen, Millionen!<br /> Diesen Kuß der ganzen Welt!<br /> Brüder, über'm Sternenzelt...<br /> ou,Απ’ τα κόκαλα βγαλμένη,<br /> των Ελλήνων τα ιερά,<br /> Και σαν πρώτα ανδρειωμένη,<br /> Χαίρε, ω χαίρε Ελευθεριά<br /> en nog,起來!不愿做奴隸的人們!<br /> 把我們的血肉,築成我們新的長城!<br /> 中華民族到了最危險的時候,<br /> 每個人被迫着發出最後的吼聲。<br /> 起來!起來!起來!<br /> ....