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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Parenthèse obligée : l’embrouillamini conceptuel de l’économie

escalier&Un nouvel éclairage est indispensable ! 

 

Depuis septembre, j’ai entrepris, par un certain nombre de billets, maintenant regroupés dans la catégorie « Modélisme », de dresser un portrait particulier de l’Economie, ou plus exactement de construire une maquette mettant en évidence, avec un éclairage particulier, ses rouages et leurs enchaînements. En analyse systémique, c’est ce que l’on appelle un exercice de modélisation.

Cet exercice vise à procurer une vision différente des choses, de mettre en évidence des interactions qui passent inaperçues, afin de fournir des pistes pour traiter la situation de crise actuelle, sans répéter en litanie les mêmes erreurs, celles qui ont conduit à l’enlisement actuel.

Cette vision peut surprendre ceux qui sont prisonniers des raisonnements comptables, mais c’est un parti-pris de ma part pour des raisons de métrologie élémentaire : dans une approche qui se prétend scientifique, les données utilisées doivent provenir d’instruments de mesure et d’étalons qui ne soient pas affectés par les résultats de leurs mesures. Qui peut prétendre que les bourses et les taux de change ne sont pas affectés par les données comptables qu’ils conditionnent ? En quelque sorte, les longueurs sont mesurées avec un mètre dont l’instrument n’est pas basé sur la vitesse de la lumière et la fréquence de vibration d’un atome sélectionné par les physiciens, mais sur l’idée que les métreurs se font des longueurs à mesurer, idée inspirée par leur point de vue particulier en fonction de l’effet sur leurs petites affaires des mesures précédentes.

En l’absence d’une monnaie universelle basée sur d’autres critères que la valeur conventionnelle attribuée aux flux économiques sur la base de considérations comptables, les raisonnements savants actuels sont le meilleur moyen pour envoyer l’économie mondiale dans le fossé par effet d’amplification des tendances naturelles à déraper, provoquées par les aléas divers, politiques, climatiques, technologiques, psychologiques ou autres.< ma petite utopie à moi  >

 

La macroéconomie comptable, sous une apparence de rigueur, ne repose que sur des données trompeuses par leur apparente objectivité. Ce n’est pas cette objectivité là qui conditionne les comportements de la foule des acteurs de la microéconomie. Or c’est bien ceux-ci qui font les réalités où nous sommes plongés. Les longueurs à parcourir, ils les éprouvent à la pénibilité de la marche.

Les experts enfermés dans leur bulle comptable ont beau jeu de penser que ce sont eux qui détiennent la vérité et que les vrais acteurs du réel de tous les jours pataugent dans un univers subjectif, pour ne pas dire d’une primarité consternante. En fait, ce sont eux qui vivent dans un univers virtuel et les faits contredisent régulièrement leurs projections.

 

A la base du divorce, évidemment, se situe la notion de valeur et c’est pour cela que la catégorie débute par trois billets consacrés à ce sujet.

 

La raison d’être de l’économie est d’assurer la satisfaction des besoins objectifs de l’humanité. Elle crée des richesses et les distribue à des usagers. Les richesses sont échangées contre des liquidités et vice-versa. Les liquidités circulent entre comptes courants. Les usagers ou autres acteurs sont des personnes physiques ou des personnes morales. C’est cela le point de départ du raisonnement et il est difficilement discutable. Voyons la suite.

 

Ce qui permet de définir qu’un besoin est objectif est le fait que celui qui le ressent est prêt, pour le satisfaire, à détruire dans une consommation la richesse ad hoc si elle vient en sa possession. Cette considération permet de faire une distinction entre « richesses tangibles » destinées à disparaître dans une consommation immédiate ou progressive, et d’autres types de richesses, telles que les liquidités monétaires destinées à être échangées et crées à cette fin, ou des titres de propriété qui ne servent également qu’à être échangés pendant leur existence (certains, comme les créances, ont une durée de vie limitée et connue à l’avance)

.

Dans notre entendement, les activités qui concourent à la production, à la distribution et à la consommation de richesses tangibles constituent  « l’économie réelle ».

Les richesses tangibles ont à la fois une valeur d’échange, qui est une valeur conventionnelle,  résultant d’un consensus (elle est représentée par une valeur monétaire, un prix convenu), et une valeur d’usage inchiffrable mais prégnante au moment des confrontations d’échange. Celle-ci est fonction du ressenti par les protagonistes du besoin de consommation qu’ils attachent consciemment ou inconsciemment à la richesse en objet.

Les autres richesses, elles, n’ont qu’une valeur conventionnelle. Nous avons déjà vu  tout cela.

 

Les comptes courants servent d’interface entre toutes les activités du fait des circulations de liquidités : elles sont le trait d’union entre elles, indépendamment de la nature des dites activités. Du fait de leurs motivations très différentes, il est facile de modéliser d’abord l’économie en deux blocs d’activités, activités spéculatives et activités d’économie réelle (le « schéma paradoxal »), puis ensuite de scinder les secondes entre activités politiques et activités productives, afin de les étudier séparément.

Au stade de la réflexion où nous sommes ainsi parvenus, nous avons ainsi identifié trois ensembles d’activités élémentaires, qui répondent à trois logiques de natures différentes :

-      les activités productives, qui répondent à une logique d’utilité ressentie, autrement dit qui sont imprégnées en arrière-plan du ressenti d’un besoin de consommation concrète des richesses en objet principal,

-      les activités politiques qui sont imprégnées d’un souci de positionnement individuel dans une logique de statuts et de droits,

-      les activités spéculatives, qui s’appuient sur l’existence d’une valeur conventionnelle attachée à chaque richesse et sur la possibilité de faire progresser cette valeur (et de profiter de la plus-value) par de simples échanges de propriété à des moments bien choisis. Elles sont imprégnées d’un souci d’enrichissement conventionnel, d’un souci de croissance indéfinie de la valeur des actifs comptables.

 

Toutes ces activités se déroulent en fonction d’objectifs identifiables. Pour la suite de  notre analyse systémique, il s’agira de les apprécier en fonction de leurs objectifs et de leur aptitude à les atteindre.

Pour regarder les objectifs, nous le ferons en fonction des besoins ressentis, et, à cet effet, nous utiliserons le « pyramide de Maslow » qui a le mérite d’exister en tant qu’outil sociologique. < Maslow >  

Pour regarder leur mise en œuvre et leurs résultats, nous nous placerons dans une grille de décryptage à deux entrées, la pertinence par rapport aux objectifs et leur efficience. Pour ce dernier point, qui est l’aptitude à atteindre les objectifs en consommant le minimum de ressources, il ne s’agit pas seulement d’un souci écologique mais aussi d’un souci humanitaire. Parmi toutes les ressources, le travail humain avec toute sa charge de risques et de pénibilité doit faire l’objet d’une attention particulière.

 

Les activités spéculatives se déroulent dans un contexte comptable puisqu’elles ne s’attachent qu’aux valeurs conventionnelles. De nombreux commentaires très fouillés, faisant appel à des statistiques nombreuses sont publiés mais je sais bien que les statistiques (que j’ai souvent utilisées) sont la version la plus élaborée du mensonge, surtout si les instruments de mesure sont trafiqués. Pour le moment je les laisserai de côté.

Actuellement, les activités de nature politique sont complètement aveugles aux réalités économiques et se déroulent de façon telle qu’elles donnent la nausée. Je m’en éloigne en me bouchant le nez faute de pouvoir faire autre chose les concernant.

 

Je commencerai donc par les « activités productives »  symbolisées par le Petit Chaperon Rouge ou plutôt Cendrillon.

Une bonne raison de le faire est que, si l’on part du pré-requis que l’économie a pour objet de mettre en place les activités de production, de distribution et de consommation de richesses requises pour répondre aux besoins de l’Humanité, cette logique-là est bien le cœur du sujet et doit s’imposer aux autres.

 

à plus …

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