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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Distribution, spéculation, ... démondialisation

Distribution, spéculation, démondialisation, c'est tout ?

 

commerce

 

La spéculation est l’attitude économique qui consiste à acquérir une richesse en vue de la revendre ultérieurement avec une plus-value intéressante, sans lui apporter de réelle valeur ajoutée. Elle est censée être une opération risquée et la majoration est prétendument justifiée par la prise de risque. Elle procure à ceux qui s’y adonnent  un pouvoir d’achat qui peut être considérable, alors qu’ils ne produisent rien. Elle se finalise objectivement par un  détournement sans contrepartie de richesses et de biens de consommation.

En fait, de nombreuses pratiques existent pour reporter le risque sur d’autres, par exemple les produits dérivés dans le cas de la spéculation boursière.

 

Le commerce n’est pas considéré comme une spéculation alors que la différence entre prix d’achat au producteur et prix de vente au consommateur est généralement très importante. Les commerçants fournissent un service de distribution et leur bénéfice est la rétribution de ce service. Le jeu du marché permet de rétribuer producteurs et distributeurs. Ceux-ci et ceux-là ne peuvent pas se montrer trop gourmands puisque les consommateurs font jouer la concurrence et ainsi un juste équilibre s’établit.

C’est du moins la théorie

 

Dans une approche instantanée, il apparaît que la masse monétaire disponible pour les achats de consommation est une donnée bien déterminée. L’offre de biens de consommation en regard est tout aussi déterminée quantitativement. L’objectif des producteurs est d’écouler toute leur production en échange d’un maximum de monnaie.  Celui des consommateurs est d’acquérir toute la production en échange d’un minimum de monnaie. Celui des distributeurs est d’obtenir un maximum de monnaie des consommateurs et d’en retourner un minimum aux producteurs. Finalement, l’objectif de tous est d’acquérir ou de conserver un maximum de monnaie.

 

En regardant la distribution dans son ensemble, à la lumière de la théorie des jeux, elle se présente comme un double jeu :

-      Les distributeurs proposent aux producteurs de les aider à soustraire un maximum de monnaie aux consommateurs, un jeu apparemment gagnant-gagnant.

-      Parallèlement, ils proposent aux consommateurs de les aider à acquérir un maximum de produits au détriment des producteurs, un jeu apparemment gagnant-gagnant, lui aussi.

 

Clairement, dans ces jeux, la distribution sort toujours gagnante et les perdants désignés sont la production et la consommation.

Le commerce ne serait-il qu’un avatar de la spéculation ?

 

Structurellement donc, le système économique favorise une hypertrophie de la distribution, c'est-à-dire du commerce et de la logistique associée, au détriment de la production et de la consommation. C’est ce que montrent les réalités, Ce qui est défini comme un service devient un pouvoir qui s’exerce contre ses partenaires. Tous le ressentent mais les consommateurs accusent les producteurs d’être des exploiteurs, et les producteurs, tout au moins ceux qui n’ont pas le pouvoir de contrôler un tant soit peu la distribution de leurs propres produits, voient les consommateurs comme des enfants gâtés exigeants.

 

Tout ceci n’est-il pas paradoxal ?

 

S’appuyant sur un fonctionnement monétaire et boursier essentiellement spéculatif, le système économique actuel tend à maximiser les transferts, les intermédiaires et les ruptures de charge. Il multiplie ainsi les étapes d’exercice de l’activité commerciale et de prise de bénéfice sans contrepartie suffisante. Le résultat en est, globalement, un gaspillage des ressources et une mauvaise couverture des besoins essentiels. Que ceux qui ne sont pas d’accord démontrent le contraire.

 

Tout le monde est victime du système à des degrés divers. Les distributeurs sont aussi des consommateurs. Dans ces jeux, ceux qui gagnent le plus facilement sont naturellement ceux qui distribuent la palette de produits la plus étendue en volume et en variété, par exemple les grandes chaînes de distribution, ou tout au moins leurs dirigeants.

Certains s’indignent. Puisque le système est mondial, ils parlent de démondialisation ce qui n’est qu’artifice verbal. Ils proposent le protectionnisme comme panacée.

 

Le protectionnisme consiste  à mettre des freins à la fluidité du jeu à certains endroits, aux frontières. Il ralentit certains fonctionnements mais n’en corrige absolument pas les règles. Ses conséquences secondaires sont à peu près imprévisibles au niveau détaillé, en raison de l’hyper-complexité du système. Ceux qui en souffrent le plus, comme d’habitude, sont ceux qui sont les moins bien protégés contre les aléas économiques.

Il requiert donc d’énormes précautions et il vaut mieux chercher d’autres remèdes, n’en déplaise à ses promoteurs.

 

à plus …

 

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