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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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L’enfance de l’art,

 une cure de jouvence ...

 McCarthy

 

Paul McCarthy alimente le buzz. Olivier Berruyer a pointé dans son blog « Les-crises » ce fait constaté. Une fois encore, hommage soit rendu à sa clairvoyance. Dans un article récent, il a en effet fourni un récapitulatif intéressant de l’œuvre artistique de cet immense artiste, et des réactions de nos élites, confrontées au vandalisme accompli à l’égard de la décoration dont il ornait notre vétuste et tristounette place Vendôme à Paris.

http://www.les-crises.fr/godemiche-vendome/

 

 

“La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy”, déclare le chef de l’Etat à l’occasion de l’inauguration de la Fondation Louis Vuitton.

Le président François Hollande s’est dit lundi 20 octobre au soir “aux côtés” de l’artiste américain Paul McCarthy, dont l’oeuvre intitulée “The Tree”, à mi-chemin entre sapin de Noël et sex-toy géant de 24 mètres, a été vandalisée place Vendôme à Paris

 

L’expression artistique est un de mes centres d’intérêt. Ci-après, un texte écrit il y a plusieurs années, dans un document faisant un peu le tour de certains points de repère dégagés au fil du temps :

« Les deux termes …, art et technique, sont classiquement, mis en opposition, l’art étant censé faire appel au sens esthétique et la technique à la mise en œuvre de procédés. Mais, ce qui est admis comme étant de « l’art » aboutit-il forcément à des réalisations esthétiques ? De nombreux exemples permettent d’en douter, et  de nombreuses réalisations considérées comme résultats de procédés technologiques sont appréciées, quasi unanimement, comme esthétiques.

Pour les distinguer, proposons les définitions suivantes  :

ce qui est « art » est activité visant essentiellement à créer et à gérer de l’émotion chez ses destinataires, ses cibles,

ce qui est « technique » est activité visant essentiellement à apporter des résultats tangibles, correspondant à des objectifs précis, préalablement identifiables.

L’art s’apprécie à la qualité des émotions produites, au « ressenti » subjectif, la technique à la conformité des résultats tangibles aux objectifs, au « constaté ».

En foi de quoi, art et technique ne sont pas en contradiction mais en complémentarité. »

L’examen de l’œuvre de Paul McCarthy évoque parfaitement par ailleurs un autre fait établi, celui qui concerne l’évolution de tout être humain, le passage par une période de « caca-boudin » au moment de sa découverte de la vie sociale.

« Wikipédia : On ne peut la (l’expression caca-boudin) considérer sous le seul angle de la vulgarité : au contraire, celle-ci s'en trouve notablement atténuée par rapport à des expressions courantes se rapportant aux excréments, en usage dès les origines du français, ou en regard d'expressions du genre « Mince ! », que l'on se plaît souvent à considérer comme des substituts distingués.

Elle exprime chez l'enfant des sentiments divers, souvent l'affirmation de soi et de sa propre liberté, parfois le mépris, le dépit ou la colère. Elle peut par exemple désigner quelque chose, voire quelqu'un, dont l'aspect, l'odeur ou le goût est désagréable. »

 

Les représentations à connotation érotique ou scatologique se trouvent déjà sur les parois de grottes au néolithique, les symboles phalliques ou vulvaires en particulier. Elles ne manquent pas non plus dans les arts dits primitifs sur différents continents.

 

Dans le sillage illustré expérimentalement par Marcel Duchamp et quelques autres, il est possible pour l’artiste de créer de l’émotion en « choquant le bourgeois ». Pour ne pas paraître bourgeois, il faut donc ne pas être choqué. Mais Duchamp et ses amis avaient le sens de l’humour, ils visaient des gens intelligents, capables de comprendre à la fois le premier et le second degré de l’œuvre artistique et ne s’en cachaient pas. Ils voulaient provoquer un regain de créativité de la part des artistes plasticiens. D’ailleurs la période suivante, ne manque pas d’artistes reconnus, d’ailleurs souvent méconnus à leur époque : Miro, Picabia, Giacometti, Munch, Kandinsky, Mondrian, Manessier, et bien d’autres.

 

Pour être artiste (voir plus haut), il faut créer de l’émotion. Pour ce faire de nombreux moyens existent. Les plus commodes à pratiquer, les moyens à la dimension des incapables de réelle novation artistique, sont l’utilisation de la démesure et celle des évocations érotiques. Les artistes néolithiques précurseurs ne se prenaient sans doute pas pour des artistes mais ils savaient cultiver l’émotion, par exemple par les menhirs, considérés par beaucoup d’historiens comme des symboles phalliques géants plus ou moins consciemment érigés. Les exemples de ces deux pratiques abondent depuis la nuit des temps. Elles sont généralement distinctes par timidité esthétique.

Les regrouper c’est se positionner sans état d’âme comme novateur. Il est beaucoup plus rémunérateur de chercher des clients dans la foule des béotiens plutôt que dans la minorité des leaders de la réflexion artistique. C’est maintenant admis par les prétendus « cultivés » qui veulent guider l’opinion et qui visent la quantité d’émotion facile plutôt que sa qualité. 

En effet, là comme partout, les activités humaines sont entrées dans une période d’industrialisation à motivation économique. Il faut automatiser les comportements et viser la quantité avant la qualité. Les leaders autoproclamés y trouvent leur compte, eux qui cultivent assidument le totalitarisme intellectuel, quelle que soit leur orientation politique.

 

Pour parfaire le tout, pour maximaliser la création d’émotion, Paul McCarthy a trouvé le filon, il a combiné gigantisme, sexualité et « caca-boudin ». Il cible ainsi les esprits qui n’ont pas encore atteint l’âge du discernement artistique afin de les guider, espère-t-il probablement, vers une voie de cheminement où il peut jouer un rôle de locomotive, en négligeant complètement l’esthétisme décrété bourgeois.

 

Il faut compenser l’affront fait à cet artiste génial par la France. L’évocation d’insert annal ou vaginal semble choquer certains. Pour arranger tout le monde, je propose à notre Président et au maire de Paris (pour des raisons de recherche de conformité intellectuelle, j’hésite entre « le maire », « la maire » et « la mairesse ») de faire installer d’autres œuvres aux frais des contribuables. Pour faire mieux apprécier l’artiste en faisant connaître son autre facette d’inspiration, la scatologie, je propose donc des étrons géants, respectivement dans la cour de l’Elysée et sur la place de l’Hôtel de Ville.

 

… à plus …

 

 

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