Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.
"L'homme est-il un grand singe politique ?". C’est le titre d’un ouvrage écrit par l’anthropologue Pascal Picq. Il relève que le comportement politique des humains et celui des chimpanzés sont similaires. Dans les groupes, les individus dominants se livrent à des luttes féroces pour accaparer le pouvoir suprême. Tous les comportements observables chez les humains s’y retrouvent, jusqu’à l’élimination physique du rival dans les cas extrêmes, s’il ne se retire pas à temps de la compétition. Pour arriver à leurs fins, les candidats nouent des alliances en sous-main et se constituent des réseaux de partisans. Ensuite, ils excitent leurs troupes par des invectives et des menaces à l’égard du camp adverse.
L’étude détaillée de leurs comportements permet d’y retrouver toutes les composantes qui s’observent dans la société humaine. Les faits historiques mais aussi les péripéties rapportées complaisamment par les médias dans les périodes pré-électorales sont tout à fait édifiants à cet égard. Simplement le langage humain étant beaucoup plus riche que celui des chimpanzés, il offre plus une grande variété de choix dans les invectives. Les « capitaine de pédalo » ou « sale mec » ne font pas partie des qualificatifs simiesques. L’expression est chez nous un peu plus variée mais l’attitude de base des chefs de clans est identique.
Bien sûr, pour les anthropologues, la comparaison singe-homme ne se limite pas aux individus dominants. Tous les suiveurs serviles des singeries politiques sont logés à la même enseigne de niveau comportemental.
L’être humain a tendance à présenter l’exercice politique comme le summum de son « humanité ». C’est paradoxal : à ce jeu, il se trouve en fait au niveau du chimpanzé. Tant que les injures, les menaces, les dénigrements, les déstabilisations sournoises et les flatteries démagogiques tiendront lieu de programme électoral et d’argumentaire, il restera politiquement dans l’animalité.
L’autre espèce d’anthropoïdes sociaux, les bonobos, semble plus soucieuse de rechercher des compétences chez les dirigeants d’une collectivité. Ses représentants se choisissent comme guides des vieilles femelles expérimentées.
Les « verts » seraient-ils les plus civilisés d’entre nos politiciens ?
Mais ici aussi, cela reste du niveau animal.
Que l’être humain soit politiquement à la hauteur de sa prétention reste donc encore à démontrer. Il ne semble pas que nous en prenions le chemin. Selon Jean-Jacques Rousseau, l’homme nait bon, mais bon à quoi ?
à plus …