Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.
Déjà, il faudrait repérer sa résidence de vacance …
N’écoutant que l’écho de la routine intellectuelle, notre Ministre de l’Economie nous annonce que le budget 2014 verra la mise en place d’économies symboliques dans la dépense publique, sans réforme structurelle, et une augmentation des prélèvements, réputée unilatéralement équitable.
Après les budgets 2011, puis 2012, puis 2013, ce sont encore les mêmes poncifs qui ressortent. Nous sommes toujours dans la même école de pensée Shadock : « pour faire moins de mécontents, il faut taper toujours sur les mêmes » ou « en essayent continuellement, on peut finir par réussir, donc plus ça rate, plus on a de chances que ça marche ».
Les princes qui nous gouvernent sont toujours pendus à la corde du PIB et s’agitent en toute incohérence pour le faire sonner.
Là dessus, soudain, divine surprise, alors qu’ils s’attendaient à une stagnation au deuxième semestre, l’INSEE annonce un + 0.5% pour cet indicateur magique, censé résumer notre bien-être dans tous ses compartiments. Enfin, ça-y-est, nous sommes sauvés, la croissance arrive claironnent-ils !
Que cette nouvelle soit pour nos dirigeants une surprise en dit long sur leur maîtrise de la situation.
Regardons un peu les chiffres, la vraie croissance on l’invoque mais elle ne se montre toujours pas dans les faits. Par contre, la croissance du chômage continue au deuxième trimestre, et cela n’a rien d’une surprise.
La consommation des ménages a augmenté. Avec le printemps pourri que nous avons eu, les prix de l’alimentation et du chauffage, dépenses contraintes, ont augmenté sensiblement. Il a fallu cesser d’épargner pour ceux qui le faisaient encore et tirer encore plus le diable par la queue pour les autres. Cela n’a rien de très positif.
Les importations et les exportations ont progressé en parallèle. Etant donné que la cote de l’Euro a grimpé sensiblement par rapport aux autres monnaies et en particulier par rapport au Dollar américain, c’est tout à fait naturel. Nous avons plus de facilités pour acheter hors U.E. de quoi consommer, avec une vision boulimique. Les producteurs externes dont nous consommons les produits récupèrent ainsi des Euros et nous achètent très sélectivement ce qui leur est, ou sera, utile, ... avec une vision stratégique. Dans les faits nous nous laissons tirer sans nous poser de questions, avec le train européen, par l’Economie Allemande, notre principal partenaire.
Ce qui est inquiétant, c’est aussi ce parallélisme comptable, import et export. Il indique que la tendance à un écart croissant entre notre besoin de consommer « réellement » et notre capacité à produire « réellement » est toujours là, et que notre balance commerciale continue de se dégrader. Chez nous, les entreprises péniblement concurrentielles sont accablées par les prélèvements fiscaux, sociaux et financiers. Elles s’épuisent progressivement. Celles qui sont en situation concurrentielle plus favorable, elles, sont toujours handicapées par le manque de main d’œuvre qualifiée et par la lourdeur rigide de la législation du travail, ce qui les prive de la capacité de profiter à plein des opportunités. Grâce à un Euro dopé par la BCE, nous consommons en nous endettant encore plus par rapport au reste du monde.
La FBCF (Formation Brute de Capital Fixe) a baissé. Malgré des bourses sur-vitaminées et un CAC40 passé de 3700 point à plus de 4000, les manœuvres capitalistiques sont à la peine pour supporter un endettement toujours en augmentation. L’investissement productif s’anémie. L’atonie du marché de l’immobilier perdure. Heureusement que les taux de crédit sont particulièrement bas grâce à la tenue de l’Euro.
Cette divine surprise va probablement conforter nos édiles dans leurs raisonnements irréalistes et nous allons donc devoir faire avec un budget suicidaire en 2014. Heureusement que les médias ne manquent pas de sujets de diversion entre les soubresauts des printemps arabes, les accidents de transport, les crimes de multirécidivistes et les dialogues de sourds entre Intérieur et Justice.
Dormez en paix braves gens, les Chevaliers du Guet chantent en chœur leurs chansons de corps de garde, en quête de bonnes fortunes. Ils font sonner leurs godillots sur le pavé des rues désertées par les populations réellement laborieuses, de plus en plus clairsemées.
à plus …