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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Faut-il sanctuariser les riches ou les exterminer ?

banquier 1 

 

 

 

                      Lagerfeld versus Todd 

 

 

Grâce au web, je me suis trouvé prendre connaissance de deux prises de position véhémentes concernant notre Président Normal, montré en exergue comme arbitre emblématique de la fracture sociale. Si l’on se trouve en face d’une fracture qui s’ouvre, il ne faut pas rester avec un pied de chaque côté mais choisir sa rive favorite, ces deux célébrités ont fait leur choix.

 

Pour le démographe Emmanuel Todd, d’après une interview relayée sur le blog « les crises », François Hollande est le Saint-Michel en situation de terrasser le dragon baptisé « les riches » qui vampirise l’économie nationale. Pour le couturier Karl Lagerfeld, d’après une interview à un journal espagnol, il va être le fossoyeur de cette même économie en entraînant l’effondrement des quelques productions de qualité qui subsistent chez nous. Devant une Hollandophilie touchante par sa naïveté et une Hollandophobie tout aussi sommaire que peut-on penser ?

 

Il est évident que, dans l’incertitude où nous sommes concernant l’avenir, les positions des différents acteurs ne peuvent que se radicaliser. L’opposition, traditionnelle en France entre ceux qui peinent à subsister et ceux qui peinent à dépenser, ne peut que s’exacerber. Si cela s’aggrave trop, comme d’habitude, ce seront les moins protégés qui paieront de manière ou d’autre des monceaux de pots cassés.

 

Que les riches se comportent en prédateurs plus ou moins involontaires, c’est patent. Que les non-riches se comportent en victimes plus ou moins complices involontaires, c’est tout aussi évident. Plutôt que l’invective, devant un tel embrouillamini, la solution ne serait-elle pas de les séparer plutôt que les opposer, de les isoler chacun dans son domaine d’action et d’interposer une barrière systémique semi-perméable entre les deux ? Semi-perméable, ce serait pour laisser transiter entre eux ce qui est souhaitable et bloquer ce qui ne l’est pas. Se serait « sanctuariser les riches », dans des réserves puisqu’ils sont très nettement minoritaires. Ils sont factuellement des espèces menacées par les démagogies primaires et il convient de les conserver pour les exposer à l’ébahissement admiratif des foules.

 

Les riches.ont une utilité certaine pour l’économie réelle (j’allais dans la foulée ajouter « hélas ! »). Quand ils dépensent pour des achats de produits innovants ou de haut de gamme, ils initialisent des progrès technologiques dont bénéficieront ensuite les autres consommateurs, quand les productions correspondantes seront entrées en phase de distribution plus large. En investissant dans des organismes de production, ils accroissent les capacités productrices au bénéfice de tous. Pour l’ego des entrepreneurs (il en faut), ils sont des excitants qui leur insufflent une énergie créatrice indispensable.

Ils ont aussi des effets négatifs. En profitant de leur pouvoir, ils imposent des modes de rémunération qui leur permettent de prélever une part trop importante des revenus de la production, au détriment de leurs concitoyens. Cette part, ils l’investissent dans des activités à tendance spéculative. Ceci induit plusieurs types de conséquences. En généralisant l’utilisation du crédit dans tous des compartiments de l’économie réelle, ils ponctionnent des liquidités, ils agrandissent ainsi leur pouvoir et en stockent toujours plus dans des actifs comptables fragiles, sous forme de bulles qui sont autant de bombes potentielles pour toute l’économie. Ils entretiennent ainsi  un écartèlement toujours croissant de la fracture sociale. En usant de leur pouvoir d’orienter les productions, ils distordent les structures de l’économie réelle, sans souci des impacts divers, dans le sens de la satisfaction de besoins secondaires au détriment des besoins primaires. Ils obèrent l’économie réelle en spéculant sur toutes sortes de ressources comme l’immobilier ou les ressources naturelles.

Les autres classes de la société humaine ne sont pas non plus exemptes de reproches mais c’est toujours plus facile de critiquer les autres que de se regarder objectivement dans la glace. Une sanctuarisation des riches permettrait de mieux faire la part des choses et distinguer les responsabilités des uns de celles des autres.

 

Mais avant d’en arriver là, il faudrait apporter réponse au moins à deux questions essentielles.

 

La première est : où placer la barrière ? Où se situe la frontière entre les riches et les non-riches ?

 

Nous avons la chance d’avoir un président  normal , président de tous les Français, normal  donc pour tout le monde. Il est nécessaire qu’il puisse se placer d’un côté comme de l’autre de la frontière. Je propose donc que la séparation des revenus se situe au niveau de celui du Président de la République, avantages en nature inclus pour qu’il n’y ait pas de triche.

Pour ce qui est des patrimoines, c’est plus difficile à définir car une grande partie des patrimoines importants est constituée d’actifs spéculatifs dont la valeur peut varier considérablement du jour au lendemain. Là, je n’ai pas encore de proposition. Peut-être peut-on se contenter du seul critère du revenu.

 

La seconde est qui : doit jouer les garde-barrières ?

 

Pour moi, il est évident que ce doit être le pouvoir politique en place, démocratiquement élu, sous l’autorité du président garant de la normalité. Ce n’est pas aux riches de se coopter et d’imposer leur choix, grâce à des distributions soigneusement ciblées de bourses d’entrée automatique. Mais encore faut-il que le pouvoir soit capable de comprendre ce qui est normal, ce qui est bon et ce qui est nuisible pour l’économie réelle, afin de manœuvrer intelligemment la barrière. J’avoue que sur ce point j’ai de très gros doutes. Il va falloir sûrement passer au préalable par une réforme complète de l’ENA. Les énarques, pour avoir leur diplôme, devront avoir accompli de manière probatoire des stages pratiques dans différents types d’organismes de production de richesses tangibles (des PME de préférence pour pouvoir en faire le tour sous tous les aspects), et avoir remis un rapport intelligent et circonstancié sur ce qu’ils auront tiré sur le plan socioéconomique de chacune de ces expériences.

.

Il reste, bien sûr, le risque que, ensuite, dans le sanctuaire des privilégiés comme à l’extérieur, les moins riches  (ou les plus pauvres) se plaignent d’une croissance à deux vitesses, de la prolifération de titulaires de rentes au détriment des créateurs de valeur, et veuillent de nouvelles frontières et donc de nouvelles barrières, ce qui entraînerait un cloisonnement paralysant. Il faut donc penser aussi à actionner l’ascenseur social et la machine à rogner les avantages indus dans chacun des deux mondes distingués plus haut.

Pour cela, je propose deux pistes de réflexion :

 

La première est de creuser la notion d’utilité des activités. Quelle est l’utilité, à court et plus long terme d’une activité professionnelle donnée : elle est utile à quoi, à qui et quelles sont ses conséquences pour les autres ?

Ceci permettrait de fournir des données aux garde-barrières. Mais aussi les amènerait a prendre conscience de la nécessité d’une certaine hiérarchisation des besoins réputés « normaux ».

 

La seconde est de miser sur l’inflation, pas une inflation délirante et incontrôlable mais une inflation de l’ordre du pourcentage des gains pondérés de productivité de l’économie réelle, plus un petit chouia modulable à disposition des garde-barrières.

 

Lagerfeld et Todd pourraient alors s’occuper plus « utilement », quitte à sevrer des journalistes. A chacun ses compétences.

 

à plus …

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A
<br /> « L’inflation se combine automatiquement avec une dévaluation de la monnaie »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> « L’inflation fait grimper les taux de crédits »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pouvons-nous encore y croire ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et si la dévaluation ne se combinait pas avec dévaluation parce que presque toutes les monnaies seraient en<br /> inflation, et que certaines seraient considérées comme des monnaies-refuges ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et si la FED ou la BCE pratiquait une politique de baisse des taux par des rachats massifs et des taux<br /> directeurs bas, pour diminuer la charge de la dette pour l’Etat, malgré l’inflation ?<br />
Répondre
E
<br /> <br /> Tout est relatif, en particulier les taux de change. Si une monnaie, même si une certaine inflation existe, est prise comme valeur refuge parce qu'elle est moins fragile que d'autres, elle<br /> va devenir rare sur le marché, alors la cause d'inflation ve disparaître, sauf émission encore plus massive. Elle va dans tous les cas s'apprécier par rapport aux autres monnaies au détriment de<br /> la compétitivité (voir le billet "le problème de l'Euro").<br /> <br /> <br /> C'est justement le problème actuel. Malgré l'émission massive d'euros, il ny a pas d'inflation car le Dollar le Yen et la Livre n'inspirent pas plus confiance. La Chine contrôle strictement<br /> le Yuan pour préserver son niveau de compétitivité. La FED et la BCE, en laison avec les banques et les gouvernements occidentaux, font tout ce qu'il faut pour éviter l'inflation.<br /> <br /> <br /> Les liquidités émises tournent en rond dans des mécanismes de création d'actifs artificiels et ne se dirigent pas vers les investissements productifs (billet : "l'investissement carnaval"). <br /> Ceux-ci sont porteurs de risques et générateurs d'inflation, en raison du décalage (souvent plusieurs années) entre l'investissement dans les développements ou les équipements, et<br /> leur impact sur les productions consommables. J'attends avec curiosité de voir comment la nouvelle "Banque d'investissement" en cours de création va se comporter.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> L’inflation serait utile aux endettés, aux propriétaires immobilier, et aux importateurs, et inutile aux rentiers, aux pauvres, aux<br /> salariés non indexés, aux locataires indexés, et aux exportateurs.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Est-ce le même type d’utilité qu’il faut creuser pour la notion d’utilité des activités ?<br />
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E
<br /> <br /> L’inflation résulte de l’augmentation de la quantité de monnaie en circulation dans les échanges commerciaux, par rapport à un<br /> volume constant de produits échangés.<br /> <br /> <br /> Elle se combine automatiquement avec une dévaluation de la monnaie. Pour une monnaie étrangère offerte, la quantité de monnaie<br /> locale obtenue au change est plus importante. Cela favorise les exportations et pénalise les importations.<br /> <br /> <br /> Les prix augmentent à l’importation (le prix du pétrole en particulier). Il s’ensuit une tendance générale à l’augmentation des<br /> prix et une restriction des consommations, des produits importés en particulier.<br /> <br /> <br /> Comme les exportations sont facilitées et la concurrence étrangère amoindrie, les productions locales augmentent. Les<br /> salaires des producteurs de « produits marchands » grimpent sans difficulté au même rythme que l’inflation. C’est ce qui se passait en France pendant les « trente<br /> glorieuses », les anciens s’en souviennent.<br /> <br /> <br /> Les retraites par répartition suivent, de même que les salaires des fonctionnaires, car le nombre des cotisants et taxés est<br /> supérieur à celui des bénéficiaires.<br /> <br /> <br /> L’inflation pénalise les titulaires de rentes financières dépendant de taux d’intérêt fixes antérieurs à la période<br /> inflationniste, et les cours en bourse des actifs ne suivent pas. Pour certains, financiers particulièrement, ils ont tendance à plonger. Elle pénalise aussi les retraites par<br /> capitalisation.<br /> <br /> <br /> Elle entraîne néanmoins une certaine rigueur pour tous car elle diminue les importations, augmente les exportations et se traduit<br /> par une baisse de la consommation. C’est moins douloureux, cependant, que des mesures drastiques comme en Grèce ou en Espagne.<br /> <br /> <br /> L’inflation est honnie par les financiers et les spéculateurs, y compris dans les banques centrales, car elle rogne leurs actifs<br /> et restreint leur liberté de manœuvre.<br /> <br /> <br /> Elle fait grimper les taux du crédit, donc inquiète aussi les gouvernements qui ont pris la fâcheuse habitude d’avoir des budgets<br /> en déficit, elle empêche la « restructuration de la dette ». Et puis ils sont piégés par les banquiers et le chantage à l’investissement.<br /> <br /> <br /> En bousculant les positions acquises et les rapports de force entre producteurs et distributeurs, elle dynamise généralement<br /> l’activité et la créativité en production.<br /> <br /> <br /> Pour ce qui est des bénéficiaires des aides sociales, puisque les impôts, taxes et prélèvements pèsent in fine sur le travail<br /> productif dont la valeur et le volume augmentent simultanément, ils ne sont pas a priori menacés. C’est aux pouvoirs publics de doser la répartition de rentrées croissantes entre l’aide sociale<br /> et les frais de fonctionnement de l’appareil étatique.<br /> <br /> <br /> <br />
E
<br /> A la réflexion, je vois deux raisons pour l'ire de K. Lagerfeld à l'égard de F. Hollande :<br /> <br /> <br /> La première dame de France ne serait pas une bonne cliente de Chanel<br /> <br /> <br /> Le ministre du redressement productif, en posant en marinière à rayures, fait de la pub pour Jean-Paul Gaultier<br />
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