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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Individu et identité

psy 1 

« b-a-ba »  psycho socio

 

Dans les réflexions précédentes, le système socioéconomique a été présenté comme le moyen de permettre à un individu d’exister, avec sa personnalité propre, dans un environnement risqué, contraignant et concurrentiel, au milieu de ses semblables. Pour apprécier ce qu’est l’« identité » d’un individu, ce qui fait que nous ne sommes pas des clones robotisés, il est nécessaire d’explorer, au moins un petit peu, ce qu’est le ressenti individuel et la notion de besoin.

N’étant pas plus psychologue ou sociologue qu’économiste, je resterai très macroscopique en me réfugiant derrière des spécialistes reconnus.

 

Ayons en premier lieu recours à Maslow (Abraham Maslow,1908-1970, psychologue américain) et à sa pyramide bien connue.

Il a classé les besoins ressentis par l’être humain sur cinq étages empilés en forme de pyramide. L’individu cherche en priorité à satisfaire ses besoins ressentis du premier niveau. Quand ceux-ci sont suffisamment satisfaits, il passe au second niveau. Ensuite seulement il cherchera à satisfaire ceux du troisième, puis du quatrième et enfin du cinquième.

Selon leur réussite, les individus vont monter plus ou moins haut sur la pyramide.

Le premier niveau est celui des besoins physiologiques élémentaires : nourriture et abris contre les éléments hostiles. Le second est dédié aux besoins relatifs à la sécurité et à la santé. Le troisième comporte les besoins d’appartenance à une collectivité, d’avoir sa place, de communiquer, d’échanger, d’avoir une identité reconnue. Le quatrième est le niveau de la distinction, ne pas se contenter d’être un parmi les autres, mais être d’un niveau supérieur aux autres, marquer sa distinction et son pouvoir au lieu d’être contraint par la collectivité. Le cinquième enfin est celui de l’accomplissement, être en paix avec soi-même dans une complète indépendance psychologique par rapport aux événements.

 

pyramide Maslow 1Cette classification des besoins, simple et facile à comprendre, est très utilisée dans les formations au management. Elle présente pourtant des approximations qui la rendent inapplicable telle qu’elle dans des réflexions focalisées. Elle donne néanmoins un bon aperçu général sur la possibilité de structurer l’appréciation des besoins pour mener une observation panoramique du système  socioéconomique.

Elle permet aussi de faire percevoir la distinction entre besoins physiologiques et besoins psychologiques et de mettre en évidence l’implication des luttes de pouvoir dans la manipulation des besoins.

 

Evoquons aussi le triangle de Sigaut (François Sigaut « Folie, réel et technologie » - Technique et culture – 1990).

Ce chercheur a décrit l’individu comme écartelé entre trois pôles, son ego, sa perception de la réalité des situations (les constats) et sa perception des autres en tant qu’environnement social. Chacun cherche à se positionner de manière à minimiser l’inconfort psychologique que font naître chez lui les incohérences qu’il ressent entre ces trois pôles. Le sens qu’il donne à sa vie et à ses actions est une recherche de cohérence psychologique. La cohérence en question n’a parfois rien de logique, elle peut même être pathologique, mais elle fournit à l’individu concerné des explications pour ce qu’il ressent.

Par rapport à nos propos précédents, « l’ego » est formaté par des pulsions inconscientes, « les autres » sont une représentation mentale du positionnement social (avec une composante concurrentielle inévitable) et « les constats du réel » sont des apports complexes d’information extérieure.

Sigaut triangleL’individu cherche à trouver une cohérence triple, entre son ego et les autres, entre les autres et les réalités, entre son ego et les réalités. Ses besoins ressentis sont inscrits par lui dans cette représentation mentale.

 

Le triangle de Sigaut est utilisé en particulier pour étudier le mal-être au travail mais il est intéressant aussi pour comprendre la résistance aux réformes qui dérangent la cohérence propre dont chaque individu se dote pour se protéger.

 

Avec seulement ces deux approches, il y a largement matière à relativiser les besoins et à analyser comment les mécanismes socioéconomiques peuvent impacter le ressenti individuel et le ressenti collectif. Cela permet en particulier de comprendre pourquoi des activités, engagées au titre des théories économiques et qui oublient complètement tous ces aspects psychosociologiques, aboutissent à des situations abracadabrantesques et inextricables.

 

Cependant il existe encore une autre cause de l’inefficacité des contorsions actuelles des apprentis réformistes. Elle est généralement méconnue malgré son évidence, c’est le filtre déformant constitué par le « système » qui s’intercale entre la réflexion et les réalités. De son fait, les péripéties socioéconomiques se déroulent dans un monde où il n’y a plus guère de liaisons discernables entre les motivations et les réalités.

 

Ce qui induit les décisions et les actes, c’est « ce qui se passe dans la tête des gens ». De manière plus ou moins réflexe ou réfléchie, chacun tente d’inscrire son comportement en cohérence par rapport ce qu’il considère être la réalité. Chacun fait confiance à ce que lui délivrent ses organes sensoriels. Même s’il y attache une certaine méfiance, chacun essaye de décrypter ce qui parvient à son cortex pour guider sa pensée et ses actes. Il traite de l’information. Il doit aussi prendre en compte tous les écheveaux de causalités que constituent les arborescences des causes et des conséquences des situations qu’il a à traiter.

Ensuite, après avoir engagé ses actions, chacun essaye d’analyser les informations en retour sur leurs déroulements et leurs résultats, de manière à apprécier leur pertinence et engager de nouvelles actions pour gérer une situation en constante évolution.

 

Il y a un gros « hic ». Le système socioéconomique mondial est gigantesque et hypercomplexe. La plupart des acteurs des péripéties qui s’y déroulent n’en connaissent qu’une très faible partie et ils n’ont aucune perception de la réalité des processus qui s’y déroulent.

Les informations à disposition des acteurs ne leur parviennent, le plus souvent, qu’après de multiples transits, tris, filtrages, déformations, etc. Elles sont d’une objectivité très approximative par rapport à la réalité des faits qu’elles sont censées décrire. Beaucoup d’entre elles sont volontairement amputées ou déformées afin de conditionner leurs destinataires.

Les actions engagées le sont au travers du système, et en grande méconnaissance de celui-ci. Il est douteux qu’elles aboutissent bien au résultat recherché par leur initiateur.

Ensuite, en retour, les informations sur les résultats transitent également par le système. Quand elles parviennent à l’acteur initial, elles sont également déformées par les interprétations de tous les intermédiaires.

Filtre 1Finalement, le système socioéconomique joue le rôle d’un filtre opaque et déformant entre l’intention de l’acteur et le résultat de ses actions. Le pilotage du système repose sur des données douteuses et les résultats sont rarement ceux attendus.

« Ce qui se passe dans la tête des gens » et « ce qui se passe sur le terrain des réalités » ne concordent pas beaucoup.

 

Tout ceci est pour dire que, si nous nous heurtons à une situation humainement assez désastreuse, ce n’est pas sans raisons profondes. Se voiler la face devant toutes ces difficultés ne permet pas de trouver des remèdes.

La quête obstinée de chacun pour faire surnager son identité humaine parmi toutes les incohérences qui le bousculent est souvent pathétique. Comment atteindre chacun son niveau cinq de la pyramide de Maslow, celui de la cohérence psychologique entre les aspirations et les réalités ? Même avec la relativisation fournie par le triangle de Sigaut, that’s the question !

 

Il y a-t-il un remède, docteur ?

 

à plus …

 

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L
<br /> A chaud, après une rapide et très superficielle réflexion, il y a deux pistes de remèdes : l'un accessible à tous individuellement, l'auto-suggestion et autre méthode "Coué", la seconde<br /> nécessitant un apport extérieur, l'hypnose !<br /> <br /> <br /> Mais peut-être est-ce là traiter le "mal par le mal" ?<br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
E
<br /> <br /> Il y en a aussi, semble-t-il, qui optent pour les paradis artificiels. Mais c'est seulement d'un effet temporaire.<br /> <br /> <br /> <br />