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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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LA CRISE N°22

HRégnault 1 

 

par Henri Regnault 

 

 

Cet auteur est professeur en Sciences Economiques à l’Université de Pau. Il publie régulièrement des analyses de « la crise » sur le site du CEIM (Centre d’Etude sur l’Intégration et la Mondialisation) qui regroupe des experts internationaux.

 

Sa dernière contribution, comme les autres d’ailleurs, me semble particulièrement bien venue http://www.ieim.uqam.ca/IMG//pdf/LA_CRISE_No22.pdf Aussi, je ne résiste pas au plaisir de vous en recommander la lecture. 

 

Dans cette lettre N° 22, l’auteur soulève différentes questions avec des avis auxquels je suis tenté de rajouter une couche plutôt que de contredire.

 

Il aborde la question de la pertinence du rapport entre l’endettement et le PIB comme indicateur de la fragilité d’une économie. Il souligne que ce ratio entre un flux et un contenu n’est pas homogène et que le rapport entre l’endettement et l’importance des actifs nationaux est aussi à prendre en considération. C’est lui, en fait, qui reflète la dangerosité de  l’endettement.

A cet égard, contrairement à L’Espagne, plutôt bien placée, la Grande-Bretagne fait mauvaise figure. Cette considération trouve une résonnance particulière maintenant que la Livre fait l’objet d’attaques très sérieuses sur le marché des changes.

Pour ma part, j’ajouterai que le PIB, de toute façon, me semble un concept fragile par lui-même car il est soumis à des conventions comptables assez éloignées d’une appréciation objective de l’efficience économique. Mais aussi, j’avancerai que la quantification des actifs, même quand il s’agit de l’immobilier, est soumise aux caprices des taux de change et des marchés et que c’est une donnée à manier avec précaution.

Mais puisqu’il est question de finances, l’appréciation que l’on peut porter est cantonnée dans la sphère du conventionnel comptable, disjointe des trivialités de l’économie réelle, et l’avis de l’auteur est parfaitement recevable.

 

Un deuxième sujet abordé est celui du défaut des pays endettés. Il établit un rapport entre les différentes possibilités de défaut et la culture de gouvernance du pays concerné. Je ne vais pas réécrire l’article et le mieux est que vous le lisiez directement en suivant le lien, d’autant plus qu’il contient des passages carrément jubilatoires. Ce n’est pas parce qu’on est sérieux qu’il faut nécessairement être triste.

Pour y ajouter mon grain de sel, je dirai qu’avec une bulle d’actifs spéculatifs aussi volumineuse que celle que doit traîner l’économie réelle, des défauts importants sont indispensables, aussi bien du côté des créances d’états que de celui des créances privées, pour sauver cette malheureuse économie réelle qui s’échine comme Sisyphe avec son rocher. Pour choisir la bonne formule, la lettre en question fournit des points de repère.

 

Enfin, un troisième sujet est celui du « 100% money ». Cela revient à réserver à l’Etat le contrôle de l’émission de monnaie. Les banques commerciales ne peuvent alors pas en créer sous forme scripturale par le crédit, simplement en inscrivant une ligne comptable sur le compte d’un emprunteur, avec comme simple contrepartie la revente de la créance dans l’enveloppe d’un produit dérivé, qui va s’ajouter à tous ceux qui s’entassent déjà dans la bulle financière.

Ce faisant, elle reporte le risque du défaut sur l’acheteur du dit produit. Mais tant que ce support conserve sa valeur, les liquidités ainsi crées vont tourner dans l’économie. Ayant déjà abondamment déblatéré contre cette création déraisonnable d’une montagne d’actifs artificiels, je n’insisterai pas sur le côté nocif de la pratique.

Par contre je vois aussi un autre intérêt au « 100% money ». C’est celui de responsabiliser les dirigeants politiques.

Aujourd’hui, ils ont la partie facile pour faire de la démagogie. D’une part ils empruntent aux banques pour arroser directement ou indirectement leurs électeurs préférés, d’autre part ils proclament « l’ennemi, c’est la finance ! », quitte à lui faire les yeux doux pour avoir de nouveaux crédits, à taux bas, pour payer les intérêts des précédents d’une part, et pour continuer leur manège d’une autre.

Avec cette responsabilité du contrôle de l’émission  des liquidités, ils auraient le choix entre deux options, sachant que l’optimum est probablement entre les deux. Soit laisser filer l’inflation en laissant couler abondamment les liquidités, faire fuir l’épargne et l’investissement et conduire le pays vers une situation comme celle du Zimbabwe. Soit bloquer toute inflation en donnant quartier libre aux spéculateurs pour pomper toute l’épargne, et faire le bonheur des rentiers sur le dos de l’économie réelle, jusqu’à l’éclatement d’une crise entraînée par le manque d’investissement productif, ce qui est notre situation présente.

 

Pour éviter toutes ces problématiques, il y a bien une échappatoire, ce serait de supprimer l’usage des monnaies et revenir au troc préhistorique, … mais cela n’est pas évoqué dans la lettre N° 22, rassurez-vous.

 

à plus …

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Commenter cet article
A
<br /> La problématique de l’extraction dentaire est probablement la même<br /> que celle du sparadrap !<br /> <br /> <br /> Comme beaucoup de théories qui conviennent aux<br /> parents cruels et pressés, et que les enfants ne remettent jamais en question, la théorie qui voudrait qu’on arrache le sparadrap d’un coup sec parce que cela ferait moins mal est fausse:<br /> http://www.rtbf.be/sanschichis/mode-de-vie/trucs-et-astuces_comment-enlever-un-sparadrap-sans-douleur?id=6976423<br />
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A
<br /> Le 100% money parait une très bonne idée. Le monde politique est peut-être enfin suffisamment mûr, intelligent et<br /> contrôlé pour ne pas trop en abuser. Mais n’est ce pas quelque chose qui peut être installé progressivement ? On parle souvent de relever le taux de réserve des banques. Ne pourrait-on pas<br /> le planifier jusqu’à ce qu’il atteigne 30%, 50%, 80%...Pourquoi ne pas apprendre à gérer un processus plutôt que de provoquer de nouvelles crises en jouant tout d’un coup à l’apprenti<br /> sorcier ?<br />
Répondre
E
<br /> <br /> A cause de la dette, la gouvernance étatique et la gouvernance financière sont enserrés dans une étreinte fatale et si l'un bouge pour se dégager, c'est très douloureux pour l'autre qui, du<br /> coup, reserre son étreinte. Si l'on procède progressivement, ils vpnt souffrir chacun pendant toute la durée de l'opération, et risquent de s'entendre pour s'arrêter trop tôt en cours de<br /> processus, sans que la question soit traitée au fond. C'est sans doute la problématique de l'extraction dentaire : Faut-il tout arracher d'un coup où y aller progressivement de manière<br /> chirurgicale ?<br /> <br /> <br /> N'étant pas dentiste, je ne sais pas répondre à la question.<br /> <br /> <br /> <br />