Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.
Il y a quelques mois, j’avais consacré un billet à une publication d’Henri REGNAULT, économiste et professeur d’université (entre autres). J’en pensais énormément de bien aussi j’en recommandais la lecture, en y apportant quelques remarques complémentaires afin de taper encore un peu sur le clou. C’était peut-être dérisoire, quelques gouttes d’eau supplémentaires apportées au moulin, mais c’est toujours ça.
Sa dernière publication est au moins aussi intéressante alors je récidive en vous proposant le lien :
http://www.ieim.uqam.ca/IMG/pdf/la.pdf
Pourquoi cette recommandation ?
Il y a la forme de l’écrit : du sérieux sans être triste ou pompeux, de l’humour, un style à la fois imagé, riche de contenu et clair. Point n’est besoin de se prendre la tête à deux mains pour comprendre ni de s’accrocher pour suivre.
Il y a surtout le fond. J’y retrouve d’un seul coup la plupart des convictions que j’ai entrepris tant bien que mal d’exposer dans ce blog. Je m’attends donc à trouver dans un prochain numéro de sa part les quelques points complémentaires auxquels je m’attache également, et qui ont trait aux notions de valeur et de richesse.
Ce qui m’épate particulièrement c’est que ces exposés découlent d’une approche orthodoxe d’économiste professionnel de haut niveau. Avant de découvrir (il y a peu) cet auteur, les publications des spécialistes les plus renommés me laissaient toujours sur ma faim. D’abord ils étaient en contradiction les uns avec les autres sur quelques points (ou de nombreux), chacun avec des arguments statistiques indiscutés. Si les statistiques sont exactes et les raisonnements incohérents entre eux, c’est que tous ceux-ci, sauf un au plus, pèchent par certain côté. Si les statistiques sont inexactes, leurs propos sont encore moins crédibles. Leurs avis péremptoires me donnaient l’impression qu’ils vivent dans un monde virtuel, n’ayant que de lointains rapports avec la réalité concrète des choses. Pour quelqu’un qui a promené professionnellement sa curiosité pendant des décennies dans de multiples situations, en prise avec la réalité du quotidien des entreprises (de toutes tailles et de différentes natures) et de leur relationnel avec leurs clients et fournisseurs, ces visions semblaient provenir de captifs de routines intellectuelles dépassées, en lévitation par rapport aux pesanteurs triviales du terrain réel.
Ce qui motive surtout cette heureuse surprise, c’est le fait que ces conclusions d’économiste international recoupent aussi étroitement celles de l’amateur que je suis. Je me méfie énormément des chiffres et des statistiques, car elles mettent en œuvre des taux de changes qui ne reflètent pas du tout le rapport entre la création de valeur « utile » des pays concernés, et les besoins globaux de consommation réelle. Cette méfiance à l’égard des statistiques est d’ailleurs telle que je m’étais, au départ de mes élucubrations économiques, donné pour contrainte d’en utiliser le moins possible, ou même pas du tout. Ce n’est pas par méconnaissance de leur processus d’élaboration, bien au contraire. En conséquence j’ai adopté dans mes réflexions une méthodologie d’analyse systémique, incongrue probablement aux yeux des économistes traditionnels. De toutes les façons, j’aurais été bien en peine de procéder comme eux, ce doit être une question de structures mentales.
Alors à vous de vous faire votre opinion en suivant le lien.
PS : Le titre de cette lettre n°23 se réfère au « grand chambardement » de Guy Béart. Ce poète a aussi chanté « le premier qui dit la vérité … ». Bon courage à lui car Henri Regnault ne doit pas se faire que des amis du côté des lobbies financiers !
à plus …