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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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LA CRISE N°23

finance 2

 

Il y a quelques mois, j’avais consacré un billet à une publication d’Henri REGNAULT, économiste et professeur d’université (entre autres). J’en pensais énormément de bien aussi j’en recommandais la lecture, en y apportant quelques remarques complémentaires afin de taper encore un peu sur le clou. C’était peut-être dérisoire, quelques gouttes d’eau supplémentaires apportées au moulin, mais c’est toujours ça.

 

Sa dernière publication est au moins aussi intéressante alors je récidive en vous proposant le lien :

http://www.ieim.uqam.ca/IMG/pdf/la.pdf

 

Pourquoi cette recommandation ?

 

Il y a la forme de l’écrit : du sérieux sans être triste ou pompeux, de l’humour, un style à la fois imagé, riche de contenu et clair. Point n’est besoin de se prendre la tête à deux mains pour comprendre ni de s’accrocher pour suivre.

 

Il y a surtout le fond. J’y retrouve d’un seul coup la plupart des convictions que j’ai entrepris tant bien que mal d’exposer dans ce blog. Je m’attends donc à trouver dans un prochain numéro de sa part les quelques points complémentaires auxquels je m’attache également, et qui ont trait aux notions de valeur et de richesse.

Ce qui m’épate particulièrement c’est que ces exposés découlent d’une approche orthodoxe d’économiste professionnel de haut niveau. Avant de découvrir (il y a peu) cet auteur, les publications des spécialistes les plus renommés me laissaient toujours sur ma faim. D’abord ils étaient en contradiction les uns avec les autres sur quelques points (ou de nombreux), chacun avec des arguments statistiques indiscutés. Si les statistiques sont exactes et les raisonnements incohérents entre eux, c’est que tous ceux-ci, sauf un au plus, pèchent par certain côté. Si les statistiques sont inexactes, leurs propos sont encore moins crédibles. Leurs avis péremptoires me donnaient l’impression qu’ils vivent dans un monde virtuel, n’ayant que de lointains rapports avec la réalité concrète des choses. Pour quelqu’un qui a promené professionnellement sa curiosité pendant des décennies dans de multiples situations, en prise avec la réalité du quotidien des entreprises (de toutes tailles et de différentes natures) et de leur relationnel avec leurs clients et fournisseurs, ces visions semblaient provenir de captifs de routines intellectuelles dépassées, en lévitation par rapport aux pesanteurs triviales du terrain réel.  

Ce qui motive surtout cette heureuse surprise, c’est le fait que ces conclusions d’économiste international recoupent aussi étroitement celles de l’amateur que je suis. Je me méfie énormément des chiffres et des statistiques, car elles mettent en œuvre des taux de changes qui ne reflètent pas du tout le rapport entre la création de valeur « utile » des pays concernés, et les besoins globaux de consommation réelle. Cette méfiance à l’égard des statistiques est d’ailleurs telle que je m’étais, au départ de mes élucubrations économiques, donné pour contrainte d’en utiliser le moins possible, ou même pas du tout. Ce n’est pas par méconnaissance de leur processus d’élaboration, bien au contraire. En conséquence j’ai adopté dans mes réflexions une méthodologie d’analyse systémique, incongrue probablement aux yeux des économistes traditionnels. De toutes les façons, j’aurais été bien en peine de procéder comme eux, ce doit être une question de structures mentales.

 

Alors à vous de vous faire votre opinion en suivant le lien.

 

PS : Le titre de cette lettre n°23 se réfère au « grand chambardement » de Guy Béart. Ce poète a aussi chanté « le premier qui dit la vérité … ». Bon courage à lui car Henri Regnault ne doit pas se faire que des amis du côté des lobbies financiers !

 

à plus …

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A
<br /> Pour remettre l’économie réelle en fonctionnement régulier, sur des bases saines, avec des fondamentaux solides, sans tsunamis dévastateurs, il<br /> faut sans doute y aller progressivement.<br /> <br /> <br /> Dans la mesure où le souci des déclencheurs de tsunamis est de s’enrichir, ils pourraient se laisser tenter par un processus où qui paie ses<br /> dettes s’enrichit.<br /> <br /> <br /> Procédons par étapes, sans nous soucier des clopinettes et commençons par la situation existante, où les actifs relativement tangibles (ARTs)<br /> représentent 20% des dettes, situation de faible solvabilité globale et de volatilité des marchés, gage de profitables spéculations et de produits dérivés attractifs.<br /> <br /> <br /> ARTs 200T$<br /> <br /> <br /> Créances : 200 T$<br /> <br /> <br /> Notionnel : 600 T$<br /> <br /> <br /> Dettes : 1000 T$<br /> <br /> <br /> ARTs/Dettes : 20%<br /> <br /> <br /> En maintenant les taux d’intérêts très bas, la valeur et l’attrait des créances diminue en faveur des ARTs. Les rentiers battent leur coulpe en<br /> admettant qu’ils auraient dû investir dans l’économie réelle (ARTs) et s’y précipitent, augmentant leur valeur et donc l’intérêt de s’y engouffrer. Le notionnel est en légère baisse parce que<br /> investir directement dans les ARTs est presque plus rentable et moins risqué que dans les produits dérivés. Après quelques années, nous aurions :<br /> <br /> <br /> ARTs : 250T$<br /> <br /> <br /> Créances : 150 T$<br /> <br /> <br /> Notionnel : 550 T$<br /> <br /> <br /> Dettes : 950 T$<br /> <br /> <br /> ARTs/Dettes : 25%<br /> <br /> <br /> Les détenteurs d’ARTS sont riches. Nous sommes donc résolument sortis de la crise ! Ce qui pourrait mettre en péril cette prospérité, c’est<br /> la montagne de dettes qui s’est stabilisée. Il est temps de s’y attaquer, en augmentant les impôts sur la fortune et sur les plus-values ou en encourageant (pour éviter ces impôts) la<br /> souscription à des bons d’Etats à très long terme et à très bas taux d’intérêt. Le notionnel faiblit encore. Dans une situation de bas taux d’intérêt, seuls les ARTs ont vraiment de<br /> l’intérêt ! Les spreads sont petits, les fluctuation de marchés sont plus stables parce que moins mus par la peur, les swaps aussi perdent leur intérêt, les risques de défaut paraissant<br /> inexistants. Après quelques années, nous aurions :<br /> <br /> <br /> ARTs 300T$<br /> <br /> <br /> Créances : 200 T$<br /> <br /> <br /> Notionnel : 400 T$<br /> <br /> <br /> Dettes : 900 T$<br /> <br /> <br /> ARTs/Dettes : 33%<br /> <br /> <br /> Continuons dans ce sens et en quelques années où l’on règlementerait encore un peu plus la spéculation et les paradis fiscaux, nous<br /> aurions :<br /> <br /> <br /> ARTs 400T$<br /> <br /> <br /> Créances : 250 T$<br /> <br /> <br /> Notionnel : 150 T$<br /> <br /> <br /> Dettes : 800 T$<br /> <br /> <br /> ARTs/Dettes : 50%<br /> <br /> <br /> Cela va déjà beaucoup mieux ! les ARTS ont doublé en dix ou quinze ans et ne sont plus que la moitié des dettes. Les Etats et ses riches se<br /> sentent riches, les dettes sont relativement moindres. Avec un peu d’inflation et de croissance du PIB, même les clopinettes sont devenus cigarillos…<br />
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E
<br /> <br /> J’ai des doutes sur la possibilité de trouver des solutions à la crise en l’abordant sous cet angle. L’éclairage unique fourni par<br /> la modélisation comptable de l’économie bute sur ses limites et la vision qui en résulte ne permet pas de radiographier les pathologies actuelles, seuls leurs symptômes sont mis en<br /> évidence.<br /> <br /> <br /> J’ai déjà effleuré dans ce blog la question des modélisations de l’économie. J’irai plus loin dans un prochain billet.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> S’il est inenvisageable de remettre tous les compteurs à zéro,<br /> nous pourrions nous représenter le bilan comptable mondial comme présentant un total de bilan d’environ mille trillons (échelle US) de dollars dont tout le passif, public et privé, serait<br /> représenté par des dettes, certaines séculaires et donc équivalentes à du capital, d’autres décadales, pluriannuelles ou a court ou très court-terme (quelques minutes, secondes ?).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La valeur des actifs représentant des biens relativement tangibles<br /> (matières premières, immobilier, entreprises, actions portant sur ces actifs) pourrait être d’environ 200T$.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La valeur des actifs représentant des créances (bons d’état,<br /> obligations, comptes d’épargne ou à vue, monnaie) pourrait être d’environ 200T$.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La valeur notionnelle des produits dérivés pourrait être d’environ<br /> 600T$.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cette évaluation de la valeur des actifs est très dépendante des<br /> humeurs du Marché et des taux d’intérêt fixés par les banques centrales.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les opérations d’achat ou de vente des banques centrales sont<br /> théoriquement neutres (dettes contre actifs pourris ou non) et ne portent que sur de petits pourcentages du total du bilan comptable mondial (quelques T$), même si les effets induits pourraient<br /> être importants.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les comptes de résultats mondiaux représentant la consommation ou<br /> la production mondiale, ne portent finalement que sur peu de chose (60T$) et leurs variations annuelles ne sont que de quelques clopinettes (1 à 2T$) !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une bonne inflation annuelle mondiale de cinq pourcent portant sur<br /> la consommation ou la production ne concernerait que 3T$. Des cacahouètes !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce qui compte vraiment, en matière de gros sous, ce sont les<br /> variations de valeur des actifs qui peuvent représenter plusieurs dizaines de pourcents, influencer la répartition entre actifs relativement « hards » et créances relativement<br /> « soft », ou modifier le total du bilan et donc du passif.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ces variations, en cas de crise ou de reprise, portent sur des<br /> dizaines de T$.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Quelques dizaines de T$ en plus ou en moins pour les actifs hard<br /> et en moins ou en plus pour les créances soft ou pour les dettes, cela ne fait-il pas une sacré différence ?<br />
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E
<br /> <br /> Restons dans le domaine comptable. Vous mettez parfaitement en évidence les différences d’échelle ahurissantes :<br /> <br /> <br /> -      PIB mondial, 60 T$ qui donne l’ordre<br /> de grandeur de la valeur totale des richesses produites et consommées annuellement, (avec quel poids humain et quelle empreinte écologique ?), dont une part majoritaire est constituée de<br /> services, (y compris l’entretien des capacités de production). Presque tout le reste est constitué de biens consommables, qui disparaissent donc aussi dans la consommation. Un reliquat est<br /> consacré à la réalisation de nouveaux équipements de production, d’infrastructures et à la mise en exploitation de nouvelles richesses naturelles. Je n’ai pas de chiffres mais ce doit être<br /> effectivement de l’ordre d’une clopinette (1 T$). C’est la seule part du PIB dont la valeur réelle ne disparaît pas et qui pourrait enrichir le patrimoine mondial.<br /> <br /> <br /> -      Actifs relativement tangibles 200 T$<br /> ce qui donne un ordre de grandeur convenu au patrimoine productif mondial. Je n’ai pas non plus les chiffres de la croissance de ce patrimoine. Mettons qu’il ait doublé en 15 ans, comme le PIB<br /> (j’ai tendance à penser que les chiffres comptables sont plus généreux le concernant).  Amasser 100 T$ en 15 ans au prix d’une  clopinette par an, il doit y avoir un truc (un effet de levier). En foi de quoi les notions même de richesse et de valeur deviennent très floues.<br /> <br /> <br /> -      Comparés aux besoins opérationnels<br /> des acteurs du PIB, les 600 T$ de produits dérivés, et les flux de liquidités qu’ils génèrent font figure du marteau-pilon à côté de la mouche. Dans ce domaine, la richesse et la valeur sont<br /> complètement virtuelles par rapport à la réalité productrice et consommatrice.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour remettre l’économie réelle en fonctionnement régulier, sur des bases saines, avec des fondamentaux solides et non pas<br /> fluctuant au gré des météorologies boursières, il faudrait rééquilibrer le rapport entre PIB et patrimoine productif, donc marginaliser tous les comportements purement spéculatifs. Les marées<br /> capricieuses qui se produisent dans la circulation des liquidités au sein de l’océan des actifs entraînent des tsunamis dévastateurs sur l’îlot de l’économie réelle.  Plus les actifs sont énormes, plus le volume des liquidités est important, et plus l’effet tsunami provoque de dégâts. De là, la nécessité d’inflation et de<br /> dépréciation des actifs.<br /> <br /> <br /> Pour en arriver là, il faudra probablement être encore plus profondément enfoncé dans les crises.<br /> <br /> <br /> En fait, comme vous l’aviez évoqué, avoir un regard dubitatif sur la richesse et la valeur est sans doute une question de<br /> civilisation.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Quant à la déflation des actifs dont parle longuement l’article<br /> cité, ne faut-il pas considérer que si les Etats parviennent à maintenir durablement une politique de taux d’intérêts bas, la plupart des autres actifs seront évaluée en fonction de leur<br /> rendement comparé au rendement relativement sans risque des emprunts d’Etats solvables. La dominance relative des emprunts se réduira alors face à l’inflation des autres actifs, comme la<br /> dominance relative de l’Occident face à l’inflation de l’Orient…<br /> <br /> <br /> Dans ces spéculations décadales, il y aura bien un imprévu qui<br /> viendra gripper ces mécanismes convenus, pour nous bâtir ou nous détruire un monde qui nous surprenne un peu ! Un retour des civilisations oubliées ?<br />
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E
<br /> <br /> Les titres de dette d’états sont des créances sur la capacité de création, par les citoyens impliqués, de valeur excédentaire par<br /> rapport à la consommation (destructrice de valeur) opérée dans le pays consiréré.<br /> <br /> <br /> Les autres actifs sont très hétéroclites.<br /> <br /> <br /> Une grande part est constituée également de créances. Les obligations sont des reconnaissances de dettes qui s’affichent. Les<br /> actions sont des reconnaissances de dette implicites des entreprises envers leurs actionnaires. Les crédits aux particuliers ou aux organismes sont rapidement titrisés par les banques pour avoir<br /> du cash et pour évacuer les risques qui s’y attachent. Les produits dérivés comme les assurances-vie qui offrent des revenus aux épargnants sont des dettes des banques de dépôt à l’égard des<br /> déposants, etc. Toutes ces dettes sont inter-communicantes au niveau international du fait la mondialisation de la finance. La répartition entre les actifs réputés solides et les produits<br /> toxiques est effectuée par ceux qui ont intérêt à en augmenter continuellement le volume total. C’est une problématique comparable à celle de l’industrie pharmaceutique (cf. l’affaire du<br /> Médiator) où les lobbies ont plus d’influence que les constats expérimentaux.<br /> <br /> <br /> Les organismes financiers prétendent que la dette globale consolidée est négligeable par rapport à l’ensemble de l’économie. A<br /> prête à B qui prête à C qui prête à A et le solde est nul. Quand le montant des actifs en question représente au total plusieurs dizaines de fois le PIB mondial, sans compter ce qui est planqué<br /> sous le tapis de jeu (paradis fiscaux et engagements hors bilan), quand les banques centrales envoient des liquidités par dizaines de milliards de dollars à jet continu, cela relève d’une foi<br /> délirante de la part de ceux qui ne demandent qu’à être convaincus car sinon ce serait trop grave. Il serait plus raisonnable de prendre conscience qu’en passant par pertes et profit toutes les<br /> cagnottes des épargnants, il faudrait encore pas mal d’années de production mondiale de valeur (de PIB) consacrée uniquement à cela, pour équilibrer le solde comptable effectif.<br /> <br /> <br /> Cette montagne de dettes, de paris perdus d’avance sur le futur, prête à s’écrouler par effet de dominos en cas de panne de<br /> confiance généralisée sur les marchés, repose sur les épaules des producteurs des générations actives (actuelles et futures).Ce sont eux qui sont tenus (par les pouvoirs publics régulateurs) de<br /> se débrouiller par leur travail, souvent mal rétribué (cf. le Bengladesh), pour que cela dure et d’inspirer confiance dans leur capacité de produire toujours plus en économisant toujours plus<br /> pour faire vivre les rentiers. Les plus puissants houspillent donc les plus faibles pour les encourager à en faire plus (et eux moins par contrecoup). Cela durera ce que cela durera.<br /> <br /> <br /> D’autres actifs sont plus solides, l’immobilier, les matières premières et les ressources naturelles. Ils sont indispensables pour<br /> créer de la valeur. Ils font l’objet de spéculations telles que les producteurs de valeur réelle sont obligés de s’endetter pour pouvoir les acheter ce qui accélère encore l’aggravation de la<br /> situation mais conduit à une certaine limitation dans les délires spéculatifs (avec des errements pour ceux qui, comme l’or, offrent des stocks surabondants par rapport aux besoins objectifs de<br /> consommation, et où des fluctuations importantes de cours à grande amplitude temporelle se constatent).<br /> <br /> <br /> D’autres actifs encore, comme les œuvres d’art à la mode, n’ont aucune utilité au titre de la création de valeur réelle, tout est<br /> purement subjectif. C’est ce qui explique les cours ahurissants que certaines croûtes atteignent actuellement : il n’y a pas d’autorégulation.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Avec 7 milliards d’habitants sur la planète, il est inenvisageable de remettre tous les compteurs à zéro. Toute l’économie<br /> s’effondrerait et chaque microcellule d’économie, circonscrite à son périmètre de troc, serait réduite à vivre en autosuffisance ou à en cannibaliser d’autres.<br /> <br /> <br /> La seule issue est une inflation au niveau de la consommation, combinée à la déflation des actifs pour ramener progressivement et<br /> sélectivement ceux-ci à un volume raisonnable. Cela pose évidemment la question de la répartition des dommages (dommages matériels et dommages d’ego). Actuellement la course à l’abyme continue<br /> car ceux qui mènent le jeu sont ceux qui ont tout à perdre en cas de changement des pratiques.<br /> <br /> <br /> Au fond du trou, si cela continue trop, nous retrouverons effectivement la civilisation magdalénienne ou au mieux<br /> campignienne.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Malgré tous les risques d’imprécision que vous citez, Henri<br /> Regnault a cité des chiffres pour les millénaires précédents qui ne sont sans doute que des ordre de grandeur très imprécis, comme vous le soulignez, mais qui ne mentionnent pas le monde<br /> musulman. Ce monde musulman est également ignoré dans les chiffres souvent citées pour l’avenir., alors qu’il est fait grand cas d’un retour probable de la dominance chinoise et indienne et d’une<br /> régression de la dominance relative de l’Occident. Est-ce réaliste ?<br />
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E
<br /> <br /> Si j’ai bien lu, le président tunisien parlait de « révolution arabe » et non de développement économique arabe. Il<br /> est plus question de politique que d’économie, même si les deux s’influencent mutuellement.<br /> <br /> <br /> La Chine sous ses anciennes dynasties, sous influence<br /> occidentale, sous Mao ou actuellement, ce n’est pas politiquement la même chose. Les révolutions entraînent généralement, me semble-t-il, une régression du PIB avant un redémarrage.<br /> <br /> <br /> Pour rester encore un peu dans le domaine économique, il est manifeste que les structures des PIB comptables des différentes<br /> zones sont actuellement extrêmement hétéroclites, avec des parts de services (et en particulier de services financiers) comptabilisés dans ces PIB extrêmement variables. Ce n’était pas le cas il<br /> y a 2000 ans. Les comparaisons comptables  reviennent à mettre sur le même pied la culture des choux ou des carottes d’une part et la valeur ajoutée<br /> de Facebook ou des banques de la City d’autre part, respectivement chiffrées en fonction de l’intérêt qui leur est porté par les traders.<br /> <br /> <br /> C’est l’absence de choux ou de carottes et autres nourritures banales dans les assiettes de trop d’affamés qui sert de<br /> détonateur aux révolutions.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour en venir à la question politique, monde arabe et monde musulman sont deux considérations différentes. Le poids<br /> démographique des pays musulmans non-arabes est considérable (Turquie, Iran, Pakistan, Bengladesh, Indonésie, etc.). Une cohésion politique suffisante pour faire un bloc est-elle envisageable<br /> sous une bannière musulmane fédératrice. Et puis quelle bannière, verte (la couleur de l’Islam à son époque conquérante, quand il était moins obscurantiste que les cultures locales concurrentes)<br /> ou noire (la couleur du Djihad, du terrorisme, de l’anarchie ou de la piraterie) ?<br /> <br /> <br /> Même en restant à la dimension du monde arabe, une cohésion politique est bien problématique en raison de la disparité des<br /> niveaux de vie et de cultures. Il s’est produit un ébranlement  qui s’est répercuté de proche en proche (Lybie, Egypte, Tunisie, Syrie, Mali). Pour<br /> l’instant, chacun de ces pays est plongé dans des difficultés qu’il n’arrive pas à surmonter individuellement, c'est-à-dire dans un ensemble chaotique circonscrit. Ce qui n’est pas résolu à<br /> petite échelle le serait-il mieux en rassemblant des chaos locaux avec des équilibres plus ou moins précaires pour en faire un chaos trois ou quatre fois plus volumineux et complexe ?<br /> <br /> <br /> Je ne sais pas répondre objectivement, il n’y a pas d’étalon pour quantifier et comparer les obscurantismes de différentes<br /> natures.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Merci pour cet excellent lien!<br /> <br /> <br /> Wikipedia publie également une liste historique des régions par<br /> PIB où les Califats Islamiques sont en troisième place en 1000 et l’Empire Ottoman en troisième place en 1500, pour sombrer ensuite. http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_historique_des_r%C3%A9gions_et_pays_par_PIB_(PPA)<br /> <br /> <br /> Mais comme l’a dit récemment le président tunisien au parlement de<br /> Strasbourg, il est possible que<br /> <br /> <br /> <br /> si le 18eme siècle a été le siècle de la révolution française et américaine, le 20eme celui de la révolution russe et chinoise, le 21 siècle sera le siècle de la<br /> révolution arabe. Ce n’était pas à force de lire dans le marc de café, mais dans les livres de l’Histoire.<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> Les grandes nations ne se suicident ni ne se laissent mourir. Au plus profond d’elles-mêmes elles finissent, quand tout semble perdu, par retrouver l’énergie de rebondir. Plus long est le<br /> calvaire, plus profonde est la chute, plus forte est l’énergie qui va les propulser hors du trou où elles sont tombées. Les révolutions arabes inscrites dans une sorte de fatalité de l’Histoire,<br /> ont donc fini par arriver.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dans l’analyse que vous citez, Le monde arabe fait partie du<br /> « reste du monde ». Pourquoi pas, mais auriez-vous un commentaire à ce sujet ?<br />
Répondre
E
<br /> <br /> Il est effectivement intéressant de noter que les évolutions économiques  ne se déroulent pas à la même vitesse en différentes régions de la planète. Aller jusqu’à chiffrer les PIB avec autant de précision que le reporte l’article de<br /> Wikipedia me semble vraiment hasardeux.<br /> <br /> <br /> Il est sans doute possible d’avoir des ordres de grandeur concernant les populations aux différentes<br /> époques. Aller au-delà devient complètement arbitraire.<br /> <br /> <br /> Par exemple, de mémoire je crois que dans le PIB de la France la part des services est de l’ordre des<br /> trois quarts, et cela ne prend en compte que les services qui font l’objet de transactions comptabilisées. Quelle était la part des services dans les sociétés anciennes ? Les services à la<br /> personne, les services de distribution et commercialisation, les services d’éducation de la jeunesse, les services de santé, les services de police, de justice et de défense, les services<br /> domestiques existaient. Ils étaient fournis et supportés économiquement d’une manière très différente de ce qui se passe maintenant chez nous. De nombreux pays pratiquaient l’esclavage qui<br /> faisait l’objet d’un commerce marchand. L’asservissement de populations étrangères, dans les sociétés anciennes, est-il à considérer comme une production, le travail des esclaves a-t-il le même<br /> poids économique que celui d’un homme libre ? Quelles sont les valeurs relatives d’un artisanat associé à une économie semi-nomade à forte composante d’élevage, et d’un autre associé à un<br /> autre type d’économie ? Quelle valeur attribuer aux créations culturelles ou artistiques, surtout si elles sont éphémères ? etc.<br /> <br /> <br /> Même si l’on se contente de relier le PIB au nombre de calories nécessaires pour faire vivre un<br /> individu, afin de s’appuyer sur des estimations de populations, peut-on mettre tous les types de calories sur le même plan, certaines demandent plus de travail humain ou plus de ressources<br /> naturelles pour être produites ?  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En l’absence de règles de change des monnaies basées sur des critères de production tangible et de<br /> consommation tangible associée, j’ai déjà tendance à considérer les PIB comptables actuels comme des leurres, alors que dire de chiffres qui ne reposent que sur l’arbitraire de certain<br /> contemporain !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour ce qui est du futur poids économique relatif du monde arabe (selon des chiffres comptables), je<br /> vais déjà dire que s’il résulte d’une politique de spéculation financière, il sera à la fois plus important et plus fragile que s’il passe par un développement et un savoir-faire scientifiques et<br /> technologiques associés à une balance commerciale équilibrée.<br /> <br /> <br /> <br />