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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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La Très Grande Crise Multidimensionnelle (TGCM)

observation 1

 

Encore un article de Henri Regnault que je vous conseille de méditer. 

 

Cette publication date de décembre 2009 mais je ne l’ai découverte qu’il y a quelques jours. Elle s’accorde remarquablement bien avec le phénomène que j’ai entrepris d’illustrer dans ses grandes lignes par la série des Danaïdes, le caractère multidimensionnel de la crise.

 

http://www.ieim.uqam.ca/IMG/pdf/crise-regnault-2.pdf

 

 

Comme le dit l’adage, « quand on n’a comme outil qu’un marteau, tous les problèmes prennent la forme d’un clou ». Quand on observe un dysfonctionnement avec une vision focalisée sur une seule de ses dimensions, et qu’en conséquence on ne prend en considération qu’une seule nature de causalités, on ne peut espérer agir que sur une partie  des conséquences et les autres sont imprévisibles.

Quand la situation est très complexe et met en œuvre des composantes de multiples natures qui inter-réagissent, il y a fort peu de chances de réussir n’importe quelle tentative d’amélioration en ne la regardant que sous un seul de ses aspects. Au contraire, le fait qu’une seule des causalités soit mise en question fait ignorer toutes les autres. La modification qui en résulte sur les équilibres tend le plus souvent à aggraver sur le fond les problèmes latents.

 

L’univers socioéconomique est hyper-complexe. Les causes des comportements qui s’y déroulent appartiennent à des domaines d’analyse habituellement disjoints car il est impossible humainement d’être expert dans plusieurs disciplines à la fois. C’est la raison pour laquelle, derrière les billets de ce blog, une méthode d’analyse systémique très générale est utilisée. Elle permet d’élaborer des modélisations selon des angles d’observation très différents. Ainsi, un constat peut être relativisé respectivement à des considérations de natures diverses, et une hypothèse d’évolution peut faire l’objet de simulations virtuelles dans des domaines très différents. Pour prendre des décisions judicieuses, il faut en effet s’assurer qu’elles n’induisent pas des conséquences désastreuses dans les secteurs qui ne se situent pas directement dans champ d’intervention choisi. Une décision structurante prise pour des motifs politiques peut, par exemple, avoir des conséquences désastreuses dans le domaine économique ou dans le domaine psychosociologique.

 

En principe, les décideurs prennent des avis. Mais ils décident en fonction des priorités qu’ils choisissent et qui vont souvent dans le sens de leurs intérêts propres à court terme. Quand ils sont hermétiques à certaines considérations, les conséquences de leurs décisions peuvent être graves pour d’autres, et indirectement pour eux-mêmes en fin de compte. Les errements politiques actuels, chez nous et ailleurs, sont très illustratifs.

L’univers socioéconomique est constitué d’une multitude de microdécisions comportementales conditionnées par le ressenti de chacun en face des contingences du lieu et du moment. Ces comportements dépendent des logiques et du ressenti individuels. Ils s’y mêlent des aspects comptables, des aspects affectifs, des aspects utilitaires en fonction des besoins particuliers, des considérations de positionnement social, des visions à court ou plus long terme, etc.

Quand les décisions ne sont prises qu’en fonction de calculs de PIB, avec des chiffres truqués par des taux de change manipulés, il y a fort peu de chances qu’elles soient suivies d’effets dans le sens souhaité par les décideurs.

 

Pour sortir de notre TGCM, pour décider de mesures pertinentes, il est nécessaire d’adopter simultanément plusieurs angles de vision afin de jauger à la fois toutes les dimensions des problèmes.

 

Il faut une observation comptable car une circulation fluide des liquidités monétaires est indispensable dans une économie mondialisée. Mais il faut aussi qu’elle prenne en compte des données objectives sur les réalités. Ce n’est pas le cas quand les taux de change ne résultent que de considérations spéculatives et de rivalités internationales. J’ai déjà abordé la question.

http://www.zenon-elee.fr/article-ma-petite-utopie-a-moi-108352748.html

 

Il faut une observation sous l’angle politique, celui des pouvoirs, des statuts, des structures sociales, des droits et des devoirs. Dans la situation généralisée de concurrence darwinienne omniprésente qui est la nôtre, l’équilibre des pouvoirs doit effectivement être pris en compte.

 

Il faut une observation sous l’angle des besoins tangibles, une vision utilitaire. La consommation est la finalité de l’économie, du moins par principe. Mais pour consommer quoi, combien, par qui, comment ?

 

Il faut une observation sous l’angle psychosociologique car il faut apprécier les ressentis collectifs et individuels. Ce sont eux qui induisent en dernier ressort tous les comportements.

 

Il faut une observation sous l’angle écologique et de développement durable. Les réalités des limites de notre planète sont maintenant sensibles.

 

Je m’arrêterai là pour l’instant.

 

Toutes ces questions ne sont traitées actuellement qu’en ordre dispersé, de façon orientée et passionnelle. Dans cette confusion incohérente, ce sont les rapports de force qui prévalent, et ils privilégient les intérêts minoritaires particuliers à court terme, au détriment de l’intérêt général durable. Mais aussi, aucun effort n’est déployé pour rationaliser les différents débats nécessaires. Aucun outil méthodologique multidimensionnel n’est proposé. Une analyse systémique des activités en fonction d’un éventail de finalités différentes pourrait jouer se rôle mais personne n’est demandeur. Ceux qui n’ont qu’un marteau comme outil ne peuvent voir les problèmes que comme un clou, ceux qui ne regardent les questions qu’avec une seule façon de voir les choses, celle qui sert de piédestal à leur ego, sont comme les mouches enfermées dans une pièce et qui reviennent régulièrement se taper toujours dans la même fenêtre, alors que la porte d’à côté est peut-être ouverte.

 

PS : Dans son article, Henri Regnault propose l’innovation selon Schumpeter comme piste de progrès. Il faut donc que cette innovation soit multidimensionnelle, elle aussi. Par ailleurs, je rappellerai aux cyclopes politiques, qui ne voient que les rapports de pouvoir et qui sont des rois au royaume des aveugles, qu’entrepreneur et dirigeant d’entreprise sont deux rôles différents selon Schumpeter, et qu’investissement ne signifie pas créativité, bien au contraire en général.

 

à plus …

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A
<br /> Et « words words words » comme My Fair Lady…<br />
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A
<br /> L’innovation destructrice est peut-être aussi une utopie archaïque échouée, victime du verbalisme inefficace !<br /> Nous entrons peut-être dans une ère de destruction innovatrice, ou de stabilisation créatrice, ou d’innovation permutatrice, ou d’observation rédemptrice, de permutation observatrice, de<br /> destruction stabilisatrice, de destruction destructrice, création innovatrice, …<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un monde nouveau est en train d’éclore (ou de se détruire…). Il faut donc qu’il existe, même en ruines, pour le<br /> verbaliser ou, bien sûr, le verbaliser pour qu’il existe !<br />
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E
<br /> <br /> On peut même verbaliser en musique et chanter comme le faisait Dalida "Paroles, paroles, paroles ..."<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Dans un objectif d’observation irrévérencieuse d’un domaine chaotique, l’efficacité implique de tenir compte d’une<br /> multitude de faits, dont le fait que la régulation d’une économie mondiale, au nom de quelque transcendance que ce soit, essaye de passer par une régulation à partir de territoires socialisés et<br /> régulés, dont les intérêts et les forces sont le plus souvent en opposition ou en contradiction.<br /> <br /> <br /> Pour résoudre ces contradictions et ces oppositions, les solutions proposées passent le plus souvent par encore plus<br /> de régulation.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> On tente donc d’observer à partir de territoires régulés, une économie mondiale multidimensionnelle qui se développe<br /> hors de portée des régulations, mais comme si elle était régulable. N’est-ce pas contradictoire ?<br />
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E
<br /> <br /> C'est là que se trouve le noeud du problème : à partir d'un système dépassé par des évolutions mal prises en compte, sortir de routines<br /> de régulations visant chacune un territoire limité et en fonction d'une vision unidimensionnelle, pour passer à une harmonisation planétaire et cohérente selon les différentes<br /> combinaisons des dimensions factuelles, comment faire autrement que se défouler par du verbalisme inefficace ?<br /> <br /> <br /> Le problème est double, trouver des pistes vers un futur accepatable et vaincre les inerties depuis longtemps accumulées et consolidées.<br /> L'appel de Henri Regnault à l'innovation destructrice chère à Schlumpeter trouve une justification surabondante. Avis aux amateurs. Les nostalgiques des utopies archaïques échouées n'ont<br /> plus guère de crédibilité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Une vision multidimensionnelle qui ne tient pas compte de<br /> l’extraterritorialité de fait d’individus ou d’entreprises, et de leur capacité de se soustraire aux influences mimétiques, et de tirer profit de tentatives de régulation basés sur des critères<br /> d’appartenance, pourrait être inefficace.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et, dans une vision manichéenne, pourquoi les bons ne seraient-ils pas ceux qui échappent aux frontières et<br /> cloisonnements, même variables selon le critère d’observation, pour participer à une mondialisation de l’économie qui pourrait élever les pauvres cloisonnés, abaisser les riches cloisonnés, et<br /> valoriser les mondialisés ?<br />
Répondre
E
<br /> <br /> Dans un domaine chaotique, l'efficacité (i.e. l'atteinte des objectifs, ce qui nécessite de toutes les façons d'en avoir de précis et<br /> réalistes) n'est jamais garantie.<br /> <br /> <br /> Une vision manichéenne, pour pouvoir être partagée, nécessite préalablement d'avoir positionné des principes de référence partagés. Ceci<br /> implique l'adoption de facto d'un principe général de transcendance. Là, nous sortirions du cadre de ce blog. Même dans le multidimensionnel, on est bien forcé de rester dans des limites<br /> pour conserver une ligne directrice.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Tant qu’on entendra par territoire uniquement un espace socialisé, régulé, appropriable par ses habitants,<br /> susceptible de se projeter dans l’avenir, de définir des stratégies et d’y affecter des ressources et qu’on ne considérera pas qu’il existe aussi un territoire mondial non-socialisé, non-régulé,<br /> appropriable par ses habitants, encore non-susceptible de se projeter dans l’avenir, de définir des stratégies et d’y affecter des ressources, espace de non droit dans lequel toutes les<br /> prédations sont possibles sans contrôle et sans sanctions, toutes les modélisations régulatrices qui viseront les territoires régulés seront utopiques.<br /> <br /> <br /> Tant qu’on croira pouvoir réguler un territoire mondial par le moyen de la raison modélisatrice sans obtenir<br /> l’adhésion d’une population mondiale , on créera des idéologies qui ne pourront être implantée que de façon totalitaire.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tant qu’il y aura des territoires régulés où la majorité des habitants bénéficiera de ressources matérielles et de<br /> capacité de consommation qui représentent un gros multiple des ressources matérielles et des capacités de consommation de la majorité des habitants d’autres territoires régulés, l’adhésion d’une<br /> population mondiale à une régulation économique mondiale ne pourra être obtenue démocratiquement.<br />
Répondre
E
<br /> <br /> N’est-ce pas un peu manichéen ?<br /> <br /> <br /> Pour un individu, un territoire d’appartenance a des frontières variables selon le critère d’observation. Les critères :<br /> d’appartenance administrative, économiques, patrimoniaux, culturels, sociaux, etc. définissent des frontières non-superposables. Par ailleurs, dans chaque cas, l’auto-positionnement ne coïncide<br /> pas nécessairement avec celui que propose une observation externe.<br /> <br /> <br /> Les comportements humains sont très influencés par le mimétisme, et même dictés par lui dirait René Girard (l’académicien, pas le<br /> footballeur). Les modèles comportementaux factuellement reçus comme médiateurs ignorent souvent  les territoires, quel que soit le critère.<br /> <br /> <br /> Les phénomènes régulateurs de fait ne sont pas nécessairement ceux que les prétendus régulateurs essaient de manipuler. Les effets<br /> constatés d’une tentative de régulation ne sont pas les effets attendus, etc.<br /> <br /> <br /> Tout cela pour dire que réduire la vision de l’économie à des aspects binaires, les bons d’un côté, les mauvais de l’autre est<br /> trop sommaire pour pouvoir déboucher sur des propositions pratiques cohérentes entre elles, surtout à un niveau mondial.<br /> <br /> <br /> De là, la nécessité de faire appel à des moyens d’observation et d’analyse variés, d’avoir une vision multidimensionnelle.<br /> <br /> <br /> <br />