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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Langage shadok

colloque  

Les survivants des trente glorieuses, comme l’auteur de ces lignes, se souviennent des « Shadoks » qui animaient les écrans de télévision dans les années 68-73. Ces personnages ont même suscité un adjectif qui agrège les concepts de débilité mentale, d’entêtement imbus, et de complication absurde. A l’époque, cette série avait fait naître dans l’Hexagone une fracture profonde entre les « pour » qui la trouvaient géniale et les « contre », tout aussi catégoriques, qui la trouvaient débile. Il faut dire que, pour l’apprécier, il convenait de maîtriser l’humour et l’autodérision au troisième degré plutôt qu’au premier.

Sur le web, un certain nombre de sites peuvent renseigner les moins anciens insuffisamment informées.

principe initial 

Les Shadoks passaient leur temps à se taper dessus, à s’invectiver, à essayer des pratiques sans queue ni tête, et surtout à pomper.

Ils pompaient simplement pour pomper, sans savoir quoi ni pourquoi. Ils pompaient probablement du vide intersidéral pour garnir la vacuité de leur intelligence, mais ils y mettaient beaucoup de constance et d’énergie, sans aucun résultat évidemment.

 

escalier&D’aucuns peuvent faire des parallèles avec les gesticulations politiciennes qui monopolisent les attentions du microcosme pour des résultats dérisoires. Ceci n’est qu’une illustration d’un des principes shadoks : « avec un escalier prévu pour la montée, on réussit souvent à monter plus bas qu’on ne serait descendu avec un escalier prévu pour la descente ».

Le plus connu de leurs principes, qui semble aussi beaucoup inspirer les législateurs, est celui-ci : « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué … ». Il en est de même de quelques autres : « pour faire moins de mécontents, il faut taper toujours sur les mêmes » ou « en essayent continuellement, on peut finir par réussir, donc plus ça rate, plus on a de chances que ça marche ».  

discours 

Toujours est-il que le vocabulaire des Shadoks était limité à quatre syllabes, bu ga meu zo. La combinaison d’un nombre quelconque de ces phonèmes, dans un ordre quelconque, avait toujours une signification, mais pas la même en général pour l’orateur et pour l’auditeur, chacun y mettant le sens qu’il voulait.

 

Or, il est aisé de constater que, dans leur expression, les différents programmes économiques des candidats en lice pour la présidence ne comportent que quatre concepts fondamentaux : financement, prélèvement, développement et enrichissement. Ce sont des « mots creux », comme les affectionnent les politiciens. Chacun peut y loger à sa guise ses fantasmes.

Les candidats, selon leur tactique adoptée et selon la cible de leur discours, mais aussi leurs détracteurs, répartissent leurs propositions selon des combinaisons limitées aux quatre évocations ci-dessus, exemples :

« pour financer le développement, il faut prélever sur les richesses »,

« pour financer les richesses, il faut prélever sur le développement »,

« pour enrichir le développement, il faut prélever sur les finances »,

« pour développer le prélèvement, il faut financer l’enrichissement »,

etc., …

Ainsi les raisonnements tournent en rond et l’on pourra parler du « cercle de la quadrature ».

 

Ce qui est manifeste aussi, c’est que, dans sa très grande majorité, l’électorat de base, selon qu’il se situe du côté plus ou moins riche des consommateurs, n’espère entendre que les deux messages suivants :

« pour développer votre financement, nous allons prélever sur les richesses (des autres) » et/ou

« pour développer votre richesse, nous allons financer (par le crédit) les prélèvements (… sociaux pour soutenir  la consommation) ».

Le problème est que ni l’une ni l’autre de ces pratiques ne peuvent nous sortir de l’ornière …, et comme dans la série télévisée

 

« les Shadoks continuent de pomper … » du vide !

pompe 2& 

En fait, il faudrait déjà enrichir et développer la pensée politico-socio-économique, à tous les niveaux, quitte à opérer en parallèle des prélèvements ciblés sur les pratiques financières pour en expurger les effets pervers. Malheureusement, les Shadoks n’avaient que quatre neurones et il ne fallait pas leur demander de réfléchir outre mesure. Sont-ils des exceptions ?

 

Comme le dit un adage qui n’est pas shadok mais néanmoins paradoxal : « réfléchir donne l’occasion de se tromper, donc pour ne pas risquer de se tromper mieux vaut ne pas réfléchir ».

proposition 

 

 

 

 

                        à plus …

 

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