Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.
Les BRICS veulent faire bouger les lignes
Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Sud-Afrique), les fers de lance des pays émergents, viennent de se mettre d’accord pour créer une deuxième Banque Mondiale. C’est sans équivoque : ils ont décidé de s’affranchir du contrôle par les Etats-Unis de toute l’économie financière, par le rôle du Dollar comme monnaie de réserve, par la FED entant que pilote principal (celui qui contrôle le frein et l’accélérateur), par la satellisation de la Banque Mondiale et du FMI.
Ils prennent simplement acte du constat qu’ils sont embarqués dans un système financier complètement désaccordé de l’économie réelle en général et de la leur en particulier. Le système financier actuel est devenu un énorme machin au service de la spéculation, qui pompe sans fin les acquis de l’économie réelle pour gonfler une bulle d’actifs artificiels à base de créances empilées en mille-feuilles, avec comme seule contrepartie la capacité future de remboursement par cette économie réelle. Or celle-ci s’épuise déjà à payer les intérêts des créances passées et elle en est réduite à l’obligation de souscrire en permanence à de nouvelles créances pour pouvoir survivre. C’est dire la solidité du collatéral !
Ce système n’est pas au service de l’économie, il est au service du pouvoir d’une minorité, disparate mais unie factuellement pour faire fonctionner la pompe : les financiers, les activistes politiques en bonne place et les dirigeants des grands organismes marchands. Depuis de nombreuses années, le total consolidé de toutes les créances qui le nourrissent dépasse les capacités de remboursement des débiteurs primaires. Mathématiquement, ce système est condamné à s’effondrer.
Il semble même que l’effondrement est déjà amorcé. En conséquence, les principaux acteurs de l’économie réelle fabriquent pour eux-mêmes une capsule de survie afin de gérer leur croissance, sans passer par un système en perdition pour la financer, et donc sans avoir à lui rendre des comptes ou partager ses risques. De leur chaloupe, ils pourront même repêcher les épaves intéressantes dispersées par le naufrage.
Pour l’instant, ils en sont à réunir les capitaux nécessaires pour démarrer. Comme ils sont assez débutants dans des opérations internationales de cette envergure dans le domaine financier, ils semblent un peu patauger. Ils apprendront par approximations successives, ce qui est somme toute normal car dans notre monde en évolution continuelle c’est finalement le sort commun. Il n’y a que ceux qui répètent éternellement les mêmes routines qui ont l’impression de dominer la situation.
Il y a gros à parier que les pays de l’OPEP vont essayer d’acheter, dès que possible, leurs tickets d’embarquement.
Avec une telle banque, qui pourrait aussi servir de banque de compensation, ils ne seront plus obligés de payer tribut aux financiers de Wall Street ou autres lieux pour gérer les flux de liquidités qu’ils génèrent eux mêmes et dont ils ont besoin pour investir dans leurs pépinières, chez eux ou ailleurs.
Ce faisant, ils n’auront pourtant pas une totale indépendance car, pour l’instant, ils n’ont que le Dollar comme monnaie de réserve internationale. L’Euro est maintenant trop fragilisé pour être pris au sérieux. Or la FED est évidemment au service des intérêts américains.
Comme ils ne sont pas mal placés au niveau mondial comme producteurs d’or ou détenteurs de ressources minières de ce métal, ils peuvent agir sur son cours. Ils auraient aussi intérêt à miser sur les lingots pour stocker leurs réserves, en attendant qu’une véritable monnaie internationale voie le jour, basée sur l’économie réelle et non plus sur la spéculation financière et les intérêts d’un seul pays. Cela ne saurait trop tarder. Non, je plaisante … – bancor - - utopie -.
Est-ce le commencement de la fin du système actuel et de ses dérives ?
Le système n’est qu’un moyen et ce qui est critiquable, c’est l’usage qui en est fait. Cet autre outil sera-t-il mieux utilisé ? Au bénéfice de qui ? Difficile à dire.
Simplement il semble que les lignes bougent (pour reprendre une expression qui revient à reconnaître qu’on est toujours dans le brouillard).
à plus …