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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Vivement de l’inflation (maîtrisée)

spéculation 1   

car c’est juste une nécessité

 

Monsieur Montebourg s’inquiète à juste titre de la hausse de l’Euro par rapport au Dollar. Ce n’est certes pas une situation favorable pour un redressement productif. Une dévaluation de l’Euro aurait plusieurs avantages, elle diminuerait les prix à l’exportation, donc nous permettrait de plus produire pour exporter plus, et elle diminuerait nos capacités d’importation donc pousserait à produire plus pour faire face aux besoins nationaux.

 

Un moyen simple de faire se dévaluer la monnaie européenne serait de laisser courir l’inflation qu’aurait dû logiquement engendrer les flots de liquidités créés pour tenter sans succès de faire de la « croissance ». Il n’en a pas été question jusqu’à maintenant en raison d’une logique sommaire, en deux volets indépendants, à laquelle se cramponnent nos dirigeants politiques. Elle tient à deux constats :

-      relancer la croissance par le crédit, « autrefois ça a fonctionné ! »,

-      la dévaluation amènerait les rentiers à restreindre leurs consommations ou à s’activer pour produire, ce serait anti-démagogique.

Le premier acte est un acte de dévotion aveugle à la religion de la consommation. Le refus d’aller jusqu’au bout de la démarche, en acceptant ses conséquences naturelles, la dévaluation, est un acte de soumission au pouvoir majoritaire des chasseurs de rentes (dignes héritiers de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs).

Pourquoi respecter les fonctionnements naturellement régulateurs alors qu’il semble possible de flotter encore un peu sur le déferlement de l’irresponsabilité ordinaire ? Maintenant les financiers savent générer des flots de liquidités sans créer d’inflation dans l'économie réelle.

C’est un petit jeu auquel les pays convertis à la religion consommatrice, et qui en ont la possibilité, s’adonnent au point d’en être devenus dépendants. Nous sommes prisonniers d’une addiction à une monnaie trop forte – le problème de l’euro – qui a fait s’effondrer la dynamique vitale du pays.

 

De connivence, les pouvoirs étatiques et l’industrie financière internationale, les dealers d’un côté et les fabricants de la drogue de l’autre, entretiennent cette addiction. D’ailleurs eux-mêmes sont drogués tout autant que leurs concitoyens.

Cette drogue donne des hallucinations. Elle fait miroiter un univers onirique où les produits à consommer apparaissent spontanément sans effort, comme les alouettes rôties tombent toutes seules dans les assiettes des palaces, où les convives s’abstiennent généralement d’imaginer ce qui peut  se passer en amont et dans les cuisines parce que cela pourrait leur couper l’appétit. Se faire plaisir en consommant est juste une question de monnaie et faire apparaître de la monnaie est juste une affaire de spécialistes. Alors, pourquoi réfléchir ?

Quand un quidam fait mine de s’inquiéter trop fort des effets de la dérive monétariste, les trafiquants lui refilent une nouvelle dose de monnaie surévaluée en lui disant : « tiens, prends-en et cela te passera ».

 

Regardons les mécanismes.

 

L’inflation cause de dévaluation apparaît quand le volume des liquidités en circulation est trop important par rapport à la quantité des produits en cours dans les circuits de la production et de la consommation réunies. Pour juguler l’inflation, si l’on insuffle grâce au crédit des liquidités d’un côté de l’économie réelle, généralement celui de la consommation, il faut en pomper autant de l’autre côté, généralement celui de la production, pour éviter que le flux grossisse en étant recyclé. Les liquidités, en effet, tournent en rond dans l’économie réelle entre consommation et production, ceci explique cela.

Un des comparses pompe des taxes, impôts et prélèvements sociaux au niveau de la production, et l'envoie en partie chez son complice (et gourou) pour rembourser intérêts et emprunts d'état. Et l’autre, une fois la consommation effectuée, éponge l’épargne pour éviter qu’elle retourne à la production.

Pour faire durer le manège, l’industrie financière (qui a la mainmise sur les taux de change) utilise l’épargne prélevée en monnaie surévaluée pour amener les travailleurs payés en monnaie sous-évaluée dans les pays exotiques (de connivence avec leurs dirigeants), à travailler plus pour alimenter notre consommation. Les dirigeants de ces pays producteurs et ceux de l’industrie financière de tous les pays profitent du manège pour nous acheter les pépites héritées de nos prédécesseurs, … tant qu’il en reste.

Pour pouvoir continuer tranquillement leur bizness, financiers et gouvernants distribuent des rentes pour calmer ceux qui manifestent trop fort leur crainte d’honorer insuffisamment la religion consommatrice, qu’ils participent ou non (volontairement ou involontairement) à la première partie de la noria production-consommation.

 

Pour éviter que les flots de liquidités envoyés vers la consommation et re-pompés génèrent de l’inflation en y retournant, l’industrie financière les confient aux comptes-courants des spéculateurs. Ceux-ci les utilisent pour jouer comme au Monopoly à s’acheter et revendre des propriétés tout en gagnant des liquidités à chaque tour de circuit.

 

Tous ces mécanismes sont en train de se gripper.

 

Dans notre pays en particulier, le pompage des liquidités au niveau de la production a tari l’auto-investissement productif national, sans susciter de regrets, au contraire car celui-ci a un effet inflationniste. Pratiquement le seul investissement qui a subsisté, déguisé, est l’investissement spéculatif qui consiste à faire de la croissance externe, à investir dans des structures financières, dans des structures de distribution, ou à l’étranger, ce qui ne suscite guère d’inflation.

L’infrastructure productrice s’est scindée en deux domaines, les mini-entreprises repliées sur elles-mêmes dans une tactique de survie ou les grands groupes, faisant off-shore  l’essentiel de leur croissance. Les moyennes entreprises disparaissent progressivement.

Le chômage s’est développé, l’esprit d’entreprise s’est éteint, la créativité a émigré.

 

La banale dichotomie sociale attachée à la capacité ou non d’épargner a engendré partout, chez nous comme ailleurs, une fracture sociale toujours plus large.

La consommation a tendance a se structurer entre des produits bon marché, importés de pays à bas coût, et des produits de haut de gamme à forte valeur ajoutée mais à débouchés réduits, même à l’étranger, en raison de l’effet de monnaie forte. L’érosion du pouvoir d’achat de la classe moyenne anémie les productions locales peu sensibles à la concurrence étrangère, par exemple la construction de logements.

 

L’écartèlement des pouvoirs de consommation engendre dans de nombreux pays des situations explosives.

De notre côté, le tarissement des revenus de la production alimente un mécontentement généralisé que les gouvernements essayent de calmer en ponctionnant toujours plus et en distribuant des rentes de situation. Par rapport au PIB, les prélèvements et la dépense publique sont devenus énormes. Ils sont utilisés de manière très improductive (d’après les comparaisons internationales). Les courroies de transmission des gouvernements sont conçues chez nous pour conforter les politiques dans leurs postures et non pas pour être efficaces d’un point de vue productif.

 

Le stockage des liquidités transitant dans les labyrinthes des circuits spéculatifs à partir des comptes courants nécessite d’avoir un collatéral énorme et en croissance continuelle. Celui-ci est composé de produits de plus en plus dérivés basés essentiellement sur des titres de crédit de différentes natures. Ils ne peuvent garder leur valeur convenue qu’avec une foi délirante dans la solidité de l’économie et la capacité de remboursement des créanciers. Cette foi vacille. Le collatéral est une pyramide posée sur sa pointe (j’y reviendrai). Le moindre déséquilibre la fera s’effondrer. Actuellement, tout en continuant de grossir, elle se fissure de tous les côtés sous son poids, malgré les efforts des banques centrales.

 

La seule issue est un dégonflement de la bulle spéculative et un réajustement de l’économie réelle en laissant jouer sa dynamique propre de régulation. Plus on attend, plus ce sera douloureux.

La  solution la moins catastrophique, si elle est intelligemment jouée, passe par la dévaluation. Elle aurait pour effet de dégonfler la bulle d’actifs et, simultanément, de permettre la régulation naturelle de l’économie réelle.

Même si elle est bien jouée, c’est une solution très douloureuse pour les rentiers, qu’ils soient gros ou minuscules, qu’ils le soient ouvertement ou camouflés dans des sinécures ou des emplois gesticulatoires. Mais tout atermoiement la rendra encore plus douloureuse.

 

Vivement l’apparition d’une inflation monétaire dans l'économie réelle, entraînant une dévaluation contrôlée ! Cette survenue n’est pas utopique car elle est inéluctable. Mais pourvu qu’elle soit pilotée intelligemment dans l’intérêt général. C’est plutôt cela qui est utopique.

 

à plus …

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A
<br /> A la fossilisations de nos structures socioéconomiques et politiques correspond le démantèlement de nos structures familiales, d’où naîtra le Sauveur….<br />
Répondre
E
<br /> <br /> Si un jour vous le rencontrez, s.v.p. faites-moi signe.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />