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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Le pot de terre et le pot de fer

Le pot de terre et le pot de fer
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L’Euro, changeons de paradigme …  

 

Dans sa fable, La Fontaine souligne les risques d’un voyage conjoint, sur un chemin caillouteux, pour deux confrères de solidités inégales : le plus fragile s’effondre.

 

La création de l’Euroland, à bien y regarder, a été la réunion dans un même emballage d’économies de fragilités très  différentes. Cela revenait à mettre dans une même caisse, à la fois de la vaisselle en fonte, en inox, en verre et en porcelaine, sur un camion engagé dans une course en tout-terrain. Aucune protection n’a alors été prévue pour isoler des chocs mutuels deux participants, ni d’arrimage général par des transferts de solidité systémique capable d'équilibrer les relations.

C’était, bien sûr, pour créer une entité monétaire suffisante pour se dégager de l’emprise des financiers de Wall-Street et de peser en face de la montée en puissance des BRICS.

La City et Zurich, drapés dans leur « splendide isolement » habituel, ont continué à festoyer avec la finance mondiale.

 

Par référence avec le billet précédent, certaines économie, comme celles de l’Allemagne étaient bien musclées et proportionnées. D’autres, celles de pays méditerranéens, abonnées à l’endettement public et privé, donc livrées au pouvoir des financiers internationaux, faisaient illusions par des pratiques de gonflette artificielles à coup d’emprunts, de placements spéculatifs et de transferts de liquidités au nom de « l’Etat Providence » (autrement dit par des pratiques démagogiques).

Ce qui devait arriver arriva. Les économies fragiles se sont progressivement fissurées, et même brisées. Les économies solides structurellement ont résisté mais sont maintenant de plus en plus paralysées par les tessons.

Comment sortir du piège ?

 

Le paradigme actuel qui règne sur l’économie du monde dit « occidental » est le triptyque – changes flottants – libre circulation des capitaux – compensation par la gouvernance politique des dérives constatées dans le domaine monétaire et économique - Il peut être analysé à la lumière du triangle de Mundell qui établit que ces trois pôles sont incompatibles.

Dans tout le domaine où les deux premiers principes sont appliqués, la gouvernance politique en économie nationale n’est que gesticulatoire. Le seul pays où elle pourrait avoir de l’effet est le royaume de Wall-Street, à savoir les USA. En effet, dans toute l’économie mondiale où règne le libre échange, et c’en est la partie prépondérante, les changes flottants donnent à la monnaie de réserve internationale, le Dollar, un statut de monnaie au cours fixe, un pour un. Les deux autres pôles du triangle peuvent alors y être utilisés, la circulation des capitaux et la politique monétaire. Ceux qui en jouent, ce sont les financiers : à la fois ils pilotent les transferts de capitaux et paralysent la gouvernance politique (too big to fail).

C’est Wall-Street et ses annexes de la City et de Zurich qui pilotent le monde. Ils le font dans une perspective de croissance accélérée des actifs bancaires, quitte à créer des bulles artificielles gigantesques et explosives. Ce n’est pas un hasard si US, GB et Suisse ne se débrouillent pas trop mal en collectant les retombées de l’activisme de leurs banquiers.

Les tentatives des concurrents à l’hégémonie du Dollar, tels l’Euro ou un cartel bancaire des BRICS, sont soigneusement installées sur des bases glissantes par la finance internationale, avec la collaboration forcée des banques locales. Celles-ci n’ont pas le choix dès qu’elles se frottent aux circulations internationales des capitaux.

 

Pour en revenir à l’Euro, nos dirigeants politiques pataugent piteusement avec des comportements divers, selon leurs intérêts électoraux présumés. Et l’Euroland est peu à peu en train de couler. C’était pourtant une belle idée de rassembler des pays voisins, de civilisation commune, dans une perspective pacifique productive et généreuse à l’égard du reste du monde pour compenser certains aveuglements internationaux des siècles passés.

Ce sont pourtant ces mêmes dirigeants, et eux seulement, qui détiennent en droit le pouvoir de réforme indispensable pour redresser la situation.

Pour leur donner la main, la seule solution est de passer à un régime de changes fixes car il est actuellement impossible de sortir de la libre circulation des capitaux en raison de la mondialisation de l’économie. Pour minimiser les bouleversements inéluctables, le mieux est de passer d’une monnaie unique à une monnaie commune. Elle reviendrait à ressusciter les monnaies traditionnelles et à définir pour elles, par concertation politique, des taux de change avec un Euro retouché, afin d’équilibrer les balances commerciales entre pays de l’Euroland. Cette monnaie commune resterait la monnaie d’échange avec le reste du monde, avec également un taux de change établi par voie politique, sous l’égide de la BCE. 

 

 

Cette proposition qui n’a rien d’original aurait deux conséquences qui font froid dans le dos au monde politique.

Premièrement, elle nécessiterait d'installer et de gérer une mutation progressive pour les mentalités et les comportements irresponsables (par manque de discernement économique) des acteurs économiques de base, producteurs et consommateurs. Il faudrait développer beaucoup de pédagogie et de courage politique, de la constance et de la ténacité sur plusieurs années afin d’arriver sans trop de douleurs à des résultats convenables.

Deuxièmement, le principal argument des politiques pour s’exonérer de toutes les déceptions actuelles, tomberait à l’eau : les mettre sur le dos des autres. Affronter les inerties liées à des routines de pensée et de comportements, fussent-ils suicidaires, demande un certain héroïsme. Le débat politique, en France en particulier, se limite à accuser de tous les maux les adversaires politiques ainsi que l’Europe et le reste du monde. Les politicards seraient mis en face de leurs responsabilités, et devraient passer à un régime de coalition sur l’essentiel entre partis majoritaires, et ceci sur plusieurs années au minimum. C’est une révolution politique qui est indispensable : l’abandon de la démagogie pour passer à la recherche de l’intérêt national effectif.

 

Sinon, le lent naufrage va continuer chez nous : l’euthanasie progressive de notre économie et le pourrissement des pratiques politiques aux plus hauts niveaux.

 

Ce billet est parti de La Fontaine pour arriver à Esope mais n’est pas à prendre comme une affabulation.

 

… à plus …

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