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Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.

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Charlie, Todd, Valls et compagnie

Charlie, Todd, Valls et compagnie
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L’art de la diversion dans ses œuvres  

 

L’attentat du 7 janvier contre les illustrateurs d’un périodique qui avait tous les attributs d’un « has been » était un crime horrible, … certes, sans aucun doute. Qui plus est, c’était une prise de risque absurde car il aurait suffi de les laisser continuer à s’enliser dans des radotages surannés et scatologiques.

Pour tout le monde, une émotion générale et un dégoût à l’égard des terroristes étaient abondamment justifiés.

 

Que cet attentat tragique soit exceptionnel dans ses conséquences humaines, en particulier par ses dégâts auprès des proches des victimes, … il est difficile de le prétendre, on a vu souvent bien pire ailleurs, hélas. 

 

Qu’il soit l’illustration d’un fanatisme délirant qui démontre la gravité des maladies mentales contagieuses dont souffre l’espèce humaine, … malheureusement oui, … mais les pathologies destructrices ne se limitent pas au terrorisme dogmatique et sont toutes abondamment exposées par ailleurs depuis la nuit des temps.

 

Qu’il soit emblématique d’une atteinte à la liberté de la presse, … est-ce vrai ?

Cet attentat souligne les excès des atteintes volontaires par le blasphème à la dignité humaine de croyants pris pour punching-balls. En l’occurrence pour la très grande majorité d’entre eux ces croyants sont tout aussi respectables que des athées militants, intolérants et extrémistes. Dans ce genre d’agression, les victimes n’ont pas de possibilités réelles pour un droit de réponse : les agressions médiatiques outrageuses et apparemment sans risques n’honorent pas leurs auteurs.

La liberté, la vraie liberté, c’est pour une personne physique ou morale celle aussi de prendre des risques suicidaires pour elle ou mortels pour d’autres. Elle a pour pendant la responsabilité. La liberté de la presse comme toute véritable liberté n’est pas et ne peut pas être la garantie d’une impunité absolue, totale et définitive. La responsabilité se mesure à la dimension des risques pris.

Partout dans le monde, malgré les menaces, des journalistes courageux ont payé de leur vie leur passion d’informer sans pour autant susciter de mobilisations de soutien symboliques organisées à leur mémoire par nos défenseurs prétendus de la liberté de la presse.

 

La récupération de l’émotion soulevée par l’important battage médiatique accompagnant les événements dès le début est un cas d’école en matière de diversion.

Il faut d’abord observer que la profession médiatique dans son ensemble a déclenché les grands moyens par solidarité professionnelle. Les supports d’information ont été saturés. Toutes les tendances politiques majeures étaient pour une fois à l’unisson, chacune d’entre elle trouvant de quoi alimenter ses caisses de résonnance avec des concepts subliminaux qui n’engageaient à rien en l’occurrence, la Liberté de penser, l’Humanisme, l’Information, l’Humour, la Douleur affective, etc.

Le but du terrorisme est de toucher un maximum de personnes pour qu’elles se sentent des victimes potentielles si elles ne se soumettent pas aux dictats des terroristes. Ce fut donc pour le terrorisme un triomphe international.

 

Cet attentat est tombé à pic pour faire oublier l’incurie du monde politique dans sa gestion de la crise qui perdure depuis 2008. Tout ce beau monde, qu’il se proclame de droite ou de gauche, s’est précipité sur cette aubaine pour faire passer au second plan leur nullité dans le traitement des situations désastreuses où le citoyen ordinaire s’enlise. Sa nomenklatura s’est bousculée pour organiser un défilé racoleur et parader en tête, l’air constipé et les fesses crispées, devant caméras et micros : un incroyable festival de postures.

Tous ceux qui voulaient exister dans une telle manifestation réputée gratifiante, (participation sans frais et sans billet d’entrée), se sont pressés derrière eux pour manifester eux aussi une horreur justifiée devant l’attentat. La foule rameute la foule. Dans un concert de bien-pensance aussi unanime, s’abstenir aurait pu être interprété comme une approbation des terroristes.

Seuls des penseurs originaux comme E.Todd se sont abstenus de participer à ce délire collectif qui faisait le jeu des terroristes et ne réglait rien du tout, au contraire. Ils avaient perçu, intuitivement ou logiquement, la nuisance d’une attitude purement gesticulatoire qui ne faisait que repousser aux calendes grecques toute réflexion sur le fond. La seule conséquence pour tous les participants, moutonniers de la tête à la queue de ces défilés, a été une satisfaction factice du devoir accompli, avec comme corollaire automatique un encouragement pour chacun d’eux à ne rien changer du tout dans son propre comportement naturel comme dans sa façon d’analyser le contexte.

 

Les quelques inconscients qui se sont alors hasardés à dire maladroitement « je ne suis pas Charlie » au lieu de dire « je ne suis pas dupe de tout ce cinéma » se sont faits incendier par les médias. Sans doute les professionnels de la désinformation orientée étaient-ils déçus de trouver quelques esprits libres, rétifs aux manipulations ordinaires de l’opinion publique.

 

Peut-être pour montrer qu’il existait toujours, E.Todd a réagi, à retardement mais avec la pratique qui a fait sa notoriété, l’écriture d’un livre, « Qui est Charlie ? ». Je ne l’ai pas encore parcouru mais j’en ai lu bien des commentaires. Il me semble qu’il illustre une certaine récupération pour faire passer les idées de l’auteur sur d’autres sujets, en faisant un amalgame artificiel entre des thèses qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. D’après les commentateurs, il aurait voulu établir un lien entre une typologie géographique de l’Hexagone et l’existence de réflexes  cléricaux (ou anticléricaux ?) épidermique combinés avec des reliquats d’autorité patriarcale et avec une certaine notion momifiée de l’identité nationale.

Dans une telle entreprise de méli-mélo arbitraire, la recette est connue : il faut accabler le lecteur de considérations diverses, si possible originales pour ne pas générer des rejets réflexes. Plus ces considérations sont appuyées par des références inédites à des études apparemment sérieuses, mieux c’est. Et puis il faut attacher à certaines des étiquettes signalétiques négatives bien marquées pour faciliter un classement : fasciste, antidreyfusard, bourgeois, xénophobe, rétrograde, etc. Les étiquettes négatives sont efficaces parce qu’elles génèrent des réflexes mentaux de méfiance, donc une approbation des thèses sous-jacentes. Les étiquettes positives sont à éviter car elles provoquent des réflexes de contradiction, « avant d’acheter, faut voir … ».

Quand le lecteur est bien saturé d’informations incohérentes, l’auteur intervient avec une baguette de magicien et fait sortir du chapeau, qu’il a rempli de toutes sortes de choses disparates pour le spectateur, ses propres constructions mentales hors sujet. C’est de la prestidigitation.

 

Quels sont, m’a-t-il semblé, les thèmes amalgamés :

- Un anticatholicisme antinomique car il fait état d’un « catholicisme-zombie » qui n’a rien de chrétien puisque tous les messages évangéliques en sont évacués. Certes, le territoire français a été jalonné par un passé décrété chrétien mais qui n’avait rien d’exemplaire à cet égard. Il l’a été aussi par un passé gallo-romain et même un passé pré-sapiens. Il aurait été tout aussi judicieux, sinon plus, d’incriminer un « homo-erectus-zombie », ou une « gauloiserie-zombie », réagissant à un « cul-tivar Charlie Hebdo ».

- Des différences régionales (presque complètement disparues d’ailleurs) concernant les structures d’autorité patriarcale dans les familles et dans les collectivités locales. En fait, elles sont les reliquats régionaux des assimilations successives de tous les essaimages d’ethnies diverses qui se sont succédées et amalgamées en puzzle pour l’occupation du territoire : les celtes, les francs, les germains, les romains, les normands, les ostrogoths, les wisigoths, les arabes, etc.

- Des réflexes défensifs dans les régions du Nord et de l’Est, investies par le nazisme il y a quelques décennies et où les souvenirs douloureux sont encore présents.

- Un rejet par l’auteur de la bien-pensance néo-bourgeoise à base d’intellectualisme de façade, de prétention culturelle, de fascination capitalo-comptable, d’élitisme narcissique et de manque de culture historique, scientifique, artistique ou technologique. Dans la foulée un rejet probablement volontaire du politiquement correct et de la pensée unique.

- Une attirance par une mondialisation niveleuse et destructrice de toute la  variabilité individuelle et culturelle qui alimentent intelligence et créativité : une confusion entre égalité et clonage mondial des comportements, avec en annexe la destruction obligatoire de toute identité collective pour les minorités.

 

Emporté par sa fougue habituelle, Valls a alors réagi avec une certaine intelligence posturale, et s’est fait traiter quasiment de fasciste. Il lui fallait bien pourtant gesticuler pour exister, à défaut de démontrer une réussite dans les missions impossibles qui lui sont assignées.

Il n’allait tout de même pas faire acte de contrition collective ou en rajouter au déferlement de poudre aux yeux. Dans un cas comme dans l’autre il aurait alors été vu comme insatisfait de la pièce montée du 11 janvier.

 

Maintenant, emportés par l’addiction aux gesticulations commémoratives, des députés UMP veulent une loi instaurant le 11 janvier comme journée sacralisée. Il y aura bientôt autant de journées commémoratives politiciennes que de saints dans le calendrier. Pour des officiels, qui par ailleurs ne brillent guère dans la préparation du futur de leurs administrés, l’occupation essentielle devient de plus en plus une exhibition de leur écharpe, de leurs déclamations et/ou de leur frimousse devant des drapeaux, des fanfares, des micros et des caméras. Ils procèdent à des départs fulgurants en marche arrière vers un passé farci de « mythes fondateurs », érigés en totems par les spécialistes politiques de la diversion événementielle. 

C’est cela la normalité politique ?

 

Ces funestes journées de début janvier se révèlent décidément bien fécondes en manipulations pour occulter les vrais problèmes !

 

… a plus …

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T
Zenon, l'empereur d'Orient à l'époque de Romulus Augustule, le dernier empereur d'Occident ?
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E
Impossible de concilier la philosophie (amour de la sagesse) incarnée par le philosophe éléate et la mégalomanie requise pour un empereur.