Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.
L’art de la diversion dans ses œuvres (suite)
Mon précédent billet se terminait par ce constat concernant les personnages politiques incapables de gérer le présent et de préparer un futur acceptable à leurs administrés, alors qui cultivent les diversions pour masquer leur impuissance :
" Ils procèdent à des départs fulgurants en marche arrière vers un passé farci de « mythes fondateurs », érigés en totems par les spécialistes politiques de la diversion événementielle.
C’est cela la normalité politique ? "
Et bien oui, c’est cela la normalité politique. Pour masquer le présent et éviter aux citoyens de penser au futur, il ne reste plus qu’à leur agiter le passé devant leurs yeux.
Lu ce jour sur le site du magazine « le Point » :
" Avec Hollande, "l'esprit de Résistance" entre au Panthéon
Le Point - Publié le 25/05/2015 à 12:36
Le chef de l'État préside mercredi la panthéonisation de quatre résistants : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay.
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Deux femmes et deux hommes : François Hollande préside l'entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay, l'occasion de célébrer "l'esprit de Résistance". Le chef de l'État honorera ces quatre figures mercredi, à l'occasion de la Journée nationale de la Résistance, décrétée en 2013. Il en profitera probablement pour appeler à l'unité et exalter l'esprit de Résistance, quatre mois après les attentats de Paris.
À l'exception de Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing, tous les prédécesseurs de François Hollande de la Ve République ont usé de cette prérogative présidentielle : choisir et accompagner de grandes figures républicaines sous la coupole de la rue Soufflot (5e arrondissement de Paris). Si le discours tonitruant d'André Malraux ("Entre ici, Jean Moulin...") en 1964 fait encore figure de référence, c'est François Mitterrand qui a le plus "panthéonisé" après avoir - déjà - fêté sa victoire de 1981 sous la coupole de cette monumentale église du Quartier latin à peine achevée quand éclata la Révolution … "
Regardé ce même jour, sur le « Portail Orange », l’arrivée solennelle des cercueils :
Pour en savoir plus :
Nous nous retrouvons alors brutalement en pleine mascarade, un défilé solennel de quatre chars funèbres dont deux sont vides. Les spécialistes de la manipulation des symboles ne reculent devant rien !
J’adhère totalement, et probablement plus que beaucoup, au fait de rendre hommage à nos compatriotes disparus tragiquement en raison de leur résistance héroïque aux envahisseurs. Mais à trop en faire, à vouloir détourner par tous les moyens l’attention des foules vers un passé révolu alors que les énormes problèmes présents sont soigneusement « procrastinés », on frôle maintenant l’indécence grotesque.
« Quand les bornes sont dépassées, il n’y a plus de limite ! » (Il me semble que cette citation est de Pierre Dac mais je peux me tromper).
Puisque l’esprit de résistance est à l’honneur, puisqu’il semble normal d’inhumer des cercueils vides au Panthéon, il reste encore à glorifier bien d’autres personnages symboliques de la résistance aux ennemis de notre pays. Notre Histoire de France est très riche en résistants, à commencer par Vercingétorix.
Il n’y a que l’embarras du choix. Par exemple, si Marine Le Pen accédait à la présidence, elle pourrait honorer et inhumer Charles Martel et Jeanne d’Arc.
Alors, quel que soit notre prochain président, s’il me demandait mon avis, je proposerais le Général Cambronne.
… à plus …