Observation irrévérencieuse des "vaches sacrées" de l'Economie mondiale, plutôt destinée aux curieux qu'à ceux qui savent déjà tout du système socioéconomique. Si vous le trouvez parfois provocateur, ce n'est pas fortuit.
Ordre naturel et novation aventureuse
Les mammifères (et d’autres espèces), dont fait partie le humain, ont un cycle de reproduction qui a fait ses preuves. Il s’étale sur un certain nombre d’étapes :
- Séduction sexuelle
- Accouplement, orgasme
- Gestation par la mère
- Mise bas, initialisation concrète de la parentalité
- Nourriture et éducation des nouveaux nés, en fonction de leur âge, depuis un stade de nourrisson, jusqu’à l’émancipation de la tutelle parentale après une phase d’adolescence.
Chez les mammifères, cette ultime phase est assurée par au minimum la mère, mais selon les espèces, avec aussi la participation du père et même du clan. Elle conditionne fortement l’insertion ultérieure du jeune dans son environnement.
Pour l’espèce humaine, cette dernière phase est particulièrement longue et complexe. Par reflexe inné, elle fait appel aux deux parents, avec une participation marquée du père à l’adolescence, mais participation aussi de la parentalité proche, dans un contexte clanique.
C’est même une caractéristique unique. Pour les biologistes, la ménopause des femmes est une exception parmi les espèces. Pour les ethnologues, elle permet aux grand-mères, qui ne peuvent plus se reproduire et donc ont des disponibilités, d’assister leur fille et de la faire bénéficier de leur expérience. Elle participerait en conséquence, comme ses autres particularités, de manière non négligeable au succès de l’espèce dans un contexte de sélection darwinienne.
Sa longue durée permet à cette étape d’être très fournie en enseignements et en exemples, pas toujours volontaires. A côté des caractéristiques héréditaires, elle donne aux individus des orientations comportementales marquées, et participe à la diversification des compétences dans le clan, donc à son adaptabilité aux circonstances de la vie. C’est sans doute cette diversification qui à permis au genre humain de dominer les autres espèces et de coloniser toute la planète.
Les deux premières phases sont agréables, sinon il n’y aurait pas de reproduction. La troisième et la quatrième, c’est selon mais elles sont automatiques. La dernière est contraignante et implique un sens notable des responsabilités.
La Manif pour tous reflète un éclatement inconscient de la société en deux tendances : il y a ceux qui veulent maintenir l’ordre naturel et ceux qui aspirent à échapper aux responsabilités de la dernière phase car elle s’accompagne de contraintes sérieuses pour les géniteurs.
Dans le cadre d’un évitement des charges de l’éducation et de la nourriture des rejetons, la tendance inconsciente des seconds est du même type d’évitement qu’est le fait de s’en remettre à l’Etat-Providence : abandonner les responsabilités au « système », les plaisirs des deux premières étapes sont conservée, les inconvénients des deux suivantes sont confiées à celles qui le veulent bien ou qui le souhaitent, l’éducation est parfois la subsistance sont confiées à des instances étatiques. Elles deviennent des institutions et sont organisées et soumise au pouvoir politique. Ainsi l’éducation est abandonnée à un système d’instruction qui est soumis au « politiquement correct » ; or ce système a pour vocation de se situer à côté ou en plus des parents mais pas de s’y substituer. On connaît les résultats d’une parentalité éducative défaillante, elle alimente les faits divers. Quant aux agréments des deux étapes initiales, ils sont facilités par différents moyens : facilitation et même promotion auprès des jeunes des pratiques abortives ; promotion des frasques sexuelles par les moyens médiatiques ; fragilisation et recomposition des familles, divorce et adoption sociétale des unions quelconques par convenance momentanée.
Dans le domaine de l’organisation systémique de la reproduction, c’est probablement le régime nazi qui a le plus avancé : procréation dans des « lebendorf » avec des reproducteurs sélectionnés, éducation de choix par les « jeunesses hitlériennes », supervision politique du tout par le « parti nazi ».
Cela était accompagné des conséquences logiques et inévitables de ce genre de système, nécessaires pour en permettre une mise en application opérationnelle : ségrégation selon des critères raciaux (ou autres) et les rôles envisagés pour l’âge adulte, élimination des minorités qui ne s’alignent pas sur le politiquement correct, etc.
En fait, une organisation systémique trop poussée devient un carcan. Elle nuit à la créativité et conduirait à un monde analogue à celui décrit par Aldous Huxley dans « Le Meilleur des Mondes », écrit et publié à l’époque du nazisme en développement. La reproduction y est prise en charge par le système politique selon une logique d’adaptation technologique aux besoins de la population. Les individus se retrouvent automatiquement dans des classes sociales échelonnées, selon des critères prédéterminés par le rôle qu’ils auront à remplir, avec des individus alpha, beta, …, gamma. Chaque classe sociale est conditionnée et approvisionnée par le système, de manière adaptée, avec ce qui lui est utile pour vivre dans état d’euphorie permanente (distractions, drogues, sexualité, …).
Le rejet des contraintes aboutissant à la soumission à un « Système » oppressant, la liberté des mœurs conduisant progressivement à l’abandon de la liberté de penser, c’est quand même paradoxal !
à plus …